Mohamed Medjahdi
13 Novembre 2003
En islam, le jeûne n'est pas un simple acte individuel de piété, accompli occasionnellement par quelques fidèles pieux comme c'est le cas dans d'autres religions, mais une obligation prescrite à toute la communauté, à quelques exceptions près.
Le jeûne ne consiste pas non plus en une simple privation alimentaire, mais en l'observation d'un ensemble cohérent de prescriptions d'ordre alimentaire, physique, spirituel et moral qui influe sur le comportement de l'individu et transforme les habitudes de la société. Le ramadhan est donc un mois sacré, où la solidarité demeure un facteur essentiel. Cependant, si la journée est marquée par la ruée dans les marchés à la recherche de quoi manger, il est à noter que les uns et les autres sont envahis par à la joie ramadhanesque de sortir, en toute sécurité, la nuit jusqu'aux premières lueurs présageant l'aube. A cette heure, tout le territoire de Tlemcen se recueille pieusement à l'appel des muezzins qui du haut de leur minaret annoncent une nouvelle journée de jeûne. Les cafés grouillent de joueurs de dominos et autres cartes. Le matin est morose et les magasins, après une longue nuit blanche, lèvent tard leurs rideaux et même la circulation des voitures est réduite. En dehors de cela, presque aucune activité culturelle. Et le plus désolant, ce sont les marchés de légumes et de fruits où, une fois leur fermeture, on constate de véritables lits de déchets.Par ailleurs, Tlemcen est devenue une ville cosmopolite où la consommation de drogues est depuis quelques années alarmante. A cause de son emplacement géographique, Tlemcen est devenue un segment important du trafic des drogues. Les drogues sont introduites dans le pays par des contrebandiers à dos de baudets, collées au corps ou à bord de véhicules et en grande quantité.
Ainsi et surtout durant ce mois de jeûne, il est difficile d'estimer avec beaucoup d'exactitude le niveau actuel de la consommation de stupéfiants. En effet, la consommation de drogues illégales augmente de façon fulgurante dans la région de Tlemcen depuis des années et explique l'extrême violence de la longue guerre que se livrent les gangs pour le contrôle de ce lucratif marché et ce, malgré les efforts déployés par les forces de sécurité le long de cette frontière qui s'étend sur 170 km. Durant ce mois, surtout à travers la région ouest, la consommation de ce poison a pris de l'ampleur et aggrave la situation sociale étant donné que bon nombre de personnes sont depuis longtemps au chômage. Cependant, la question qui brûle toutes les lèvres est de savoir pourquoi les jeunes en particulier ont recours massivement aux drogues bien qu'ils soient, écrivent les auteurs de l'étude, «de plus en plus informés sur la nature et l'ampleur des risques».Les conséquences de l'ampleur croissante du trafic et de la consommation des drogues sont l'apparition de la criminalité connexe concrétisée à l'échelle nationale par des vols de voitures, des cambriolages d'appartements et de magasins, la prostitution, les viols Ainsi, pour améliorer la sécurité de la population, il est nécessaire de procéder à d'autres programmes efficaces tout en démantelant le trafic de drogue sous toutes ses formes.
Et pour bien réussir cette opération, les observateurs doivent réagir dans les quartiers chauds en plaçant un dispositif puissant pour contrecarrer cette marchandise prohibée.
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