Sakaz
13 Novembre 2003
Kinshasa — Pour s'assurer du respect par les autorités des prescrits de l'Accord global et inclusif et de l'aboutissement heureux du processus de démocratisation en RDC, le Dialogue Intercongolais a prévu cinq institutions citoyennes pour veiller à la qualité de la Transition.
Les cinq institutions ainsi érigées en gendarme de notre Transition sont la Commission Electorale Indépendante, l'Observatoire national des droits de l'Homme, la Haute autorité des médias, la Commission de l'Ethique et de la lutte contre la corruption.
Malgré l'évidente importance accordée à ces structures par la Constitution issue de l'Accord global et inclusif, le gouvernement et l'assemblée nationale portent ailleurs leurs préoccupations. Depuis plus de quatre mois que le gouvernement travaille, tout se passe comme si la volonté des dirigeants était de prolonger absolument ou - si possible - éternellement la Transition. Les diverses déclarations claironnées à gauche ou à droite sur le respect du délai imparti à ce processus démocratique ressemblent dès lors à la poudre jetée aux yeux du souverain primaire qu'est la population congolaise.
D'aucuns s'étonnent en suivant ces déclarations que pendant ces quatre mois qui viennent de passer, rien n'ait été fait pour gagner du temps. Les institutions citoyennes dont dépend pour beaucoup la mise en route de la 3ème République sont à ce jour paralysées et ne peuvent valablement fonctionner pour des raisons liées soit à la question des infrastructures, soit à l'absence des lois organiques devant régir chacune de ces structures, soit encore aux problèmes liés au budget national dont le collectif 2003 vient à peine d'être voté alors qu'on se trouve à un mois de la fin de l'exercice.
De cette analyse, il ressort que la transition a effectivement du plomb dans l'aile dans la mesure où les structures devant conduire le peuple congolais dans l'étape déterminante des élections libres, indépendantes, démocratiques et transparentes sont empêchés de fonctionner. Les récentes invitations des partenaires européens ou africains lancées aux présidents de la Commission électorale indépendante et de l'Observatoire national des droits de l'Homme pour assister aux travaux de la 34ème session ordinaire de la CADHP (Commission africaine des Droits de l'Homme et des peuples), à Banjul, en Gambie, ou encore le voyage en Afrique du Sud d'une délégation de la Commission Vérité-Réconciliation paraissent comme des barouds d'honneur des responsables de ces institutions, décidés à ne pas mourir sans laisser des traces.
Dans un pays détruit au trois quart et où les problèmes de pacification des esprits, d'identification des nationaux et de recensement ne sont pas faciles à aborder, le retard pris par le fonctionnement des institutions citoyennes a pour conséquence l'allongement de la période de la transition. Car chaque Congolais sait que rien de crédible ne peut être entrepris si on ne permet pas aux Congolais de se réconcilier, d'être les témoins quotidiens du respect de leurs droits par les gouvernants, de veiller à l'impartialité dans l'utilisation des médias publics, de combattre la corruption et de contrôler dès à présent, tout le processus conduisant aux élections générales démocratiques, libres, transparentes et justes.
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