Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: Droits politiques de l'enfant : apprenons à les respecter

Aissata Bangre Source : Cde

13 Novembre 2003


Certains des droits reconnus à l'enfant comme personne sont de nature politique en ce sens qu'ils lui permettent de prendre part "activement" aux affaires publiques de la vie de la société. Ces droits, également consacrés dans la constitution du Burkinabè comme des droits et libertés fondamentaux ne peuvent être exercés que par l'enfant lui-même. Il s'agit du droit de l'enfant à sa propre opinion et de son droit à la liberté.

Avant la prise d'une décision relative à l'enfant, celui-ci, à partir d'un certain âge doit pouvoir dire ce qu'il pense personnellement de la situation. Ainsi, les parents, éducateurs, forces de l'ordre, responsables administratifs , professionnels travaillant avec et pour les enfants... doivent recueillir le point de vue de l'enfant, son avis, ses sentiments avant toute décision le concernant.

C'est en toute liberté qu'il décide de donner ou de ne pas donner son avis. Par conséquent il ne faut pas le contraindre à parler ou à se taire.

L'enfant qui veut exprimer son opinion doit le faire en toute connaissance de cause. Les parents, éducateurs... doivent, en ce qui les concerne, lui indiquer les diverses solutions au problème posé, leurs avantages et leurs inconvénients. Il choisira alors de se faire entendre directement ou par l'intermédiaire d'une autre personne.

A l'égard des enfants mûrs et capables de raisonner, les parents éducateurs... doivent changer d'attitudes et de pratiques. Ils doivent par exemple apprendre à les consulter, les encourager à dire ce qu'ils pensent et les écouter attentivement en vue de comprendre ce qu'ils veulent dire.

D'une manière générale, l'enfant capable de comprendre doit pouvoir donner son avis pour toute décision familiale, scolaire, sociale qui concerne sa vie.

Dans certains pays, il existe des conseils ou parlements scolaires, municipaux, nationaux pour enfants où ceux-ci participent à la prise de décisions sur différents aspects de la vie scolaire ou communautaire par l'expression de leurs avis, leurs besoins...

Dans les différentes écoles au Burkina Faso, les élèves désignent leurs délégués scolaires par l'intermédiaire desquels ils font connaître leurs opinions aux autorités. De même , en 1997, un parlement des enfants, une tribune d'expression des tout-petits a été mis en place au Burkina Faso.

Son siège est à Ouagadougou.

Le parlement mondial des enfants a quant à lui été créé en octobre 1999 en France.

Selon la loi au Burkina Faso, un enfant âgé d'au moins 15 ans, doit pouvoir donner son avis sur toute décision le concernant. Cet avis mérite respect et doit être pris au sérieux.

Cela ne signifie cependant pas que c'est l'enfant qui décide "de tout et en tout."

Ecouter l'enfant ne signifie pas faire tout ce qu'il veut.

L'enfant a droit aussi à la liberté

L'enfant , tout comme l'adulte, a droit à la liberté d'expression, de pensée, d'association, de réunion pacifique et d'accès à l'information.

La liberté d'expression est le droit pour l'enfant de dire, d'écrire de lire... les idées et les informations qu'il veut.

C'est dans la famille que l'enfant apprend à s'exprimer et à s'affirmer. Pour cela, lorsque l'enfant est grand, mûr et intelligent, les parents doivent autant que possible lui permettre de donner son avis sur les diverses questions familiales et sociales (sorties, alimentation...).

La liberté de pensée de l'enfant liée à sa liberté d'expression , signifie son droit d'avoir sa propre manière de voir les choses et d'exprimer une opinion.

La liberté de conscience et de religion signifie que l'enfant a le droit d'avoir ses propres valeurs, références morales, convictions et croyances religieuses.

L'Etat a l'obligation de respecter la liberté de pensée, de conscience et de religion de l'enfant.

La liberté d'association et de réunion pacifique signifie que l'enfant a le droit de créer une association avec d'autres personnes, enfants ou adultes et de faire partie librement d'une association ou non.

La liberté d'accès à l'information signifie que l'enfant doit recevoir toutes le informations nécessaires pour son développement intellectuel, moral, social , spirituel...

Il doit avoir la possibilité de se tenir régulièrement au courant de l'actualité sportive, sociale , culturelle, économique etc.

Pour que l'enfant ait accès à l'information, il faut lui permettre d'avoir accès aux médias (journaux, radio, télévision, Internet).

Cependant , toutes les informations données dans les médias ne sont pas bonnes pour l'enfant. Il faut donc trouver des moyens pour que celui-ci n'ait pas accès à des informations dangereuses pour sa moralité, sa santé ou nuisibles à son bien-être général tels les programmes violents ou pornographiques.

Il appartient d'abord aux parents d'aider l'enfant dans le choix des émissions, des films, des lecteurs, des sites Internet, des jeux vidéos ou informatiques etc.

L'Etat, doit, ensuite prévoir des moyens de contrôle techniques tels des dispositifs empêchant l'accès de l'enfant à certains types de programme.

Au Burkina Faso, il existe une commission nationale de censure des films sur grand écran.

Pour un avenir propice de nos enfants, soyons vigilants et exemplaires.

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