Sébastien Comparet
13 Novembre 2003
La Convergence autour du président de la République a réaffirmé avec force sa volonté de marcher avec la société civile, sans pour autant lui marcher dessus. "C'est elle qui nous a invité", rappellent ses leaders.
La Cap 21 donne rendez-vous à ses militants à 10 h, ce jeudi 13 novembre, afin de se préparer au mieux pour marcher aux côtés de la société civile à partir de 14 h 30 devant La Poste de Médina. Pape Semba Sy (Udf) invite les militants "à se mobiliser pour venir nombreux", pour une marche qui doit rester "ordonnée et pacifique". La conférence de presse donnée au siège de l'Aj/Pads fut l'occasion de rappeler que cette manifestation n'aura qu'un seul mot d'ordre : "Condamner la violence sous toutes ses formes." La Cap 21 va donc se ranger derrière les voeux de la société civile, qui tient à rester en dehors des partis politiques. C'est pourquoi cette participation se veut "apolitique", selon le secrétaire général de l'Udf. "Ce n'est pas une réponse à la marche du Cpc. Nous avons décidé de remettre à plus tard l'idée d'une marche politique de soutien au président Me Abdoulaye Wade". Et Iba Der Thiam de poursuivre : "Nous marcherons pour la liberté, la démocratie et contre la violence. Dans ce contexte, on ne peut penser qu'il s'agit de faire de la récupération. C'est absurde et insensé."
Le coordinateur de la Cap 21 s'insurge également contre l'idée qu'il copie le Cadre permanent de concertation (Cpc) : "Il n'y a qu'au Sénégal qu'on trouve ce mode de réflexion. Le Cpc fait une marche. Si on veut également marcher, on les copie ! Alors lorsqu'un parti organise un congrès, si un autre décide de faire de même, il a copié ? Et si on choisi un porte-parole, le parti qui va aussi en choisir un nous copie ?"
Enfin, les membres de la Cap 21 présents jugent durement le Cpc, qui n'a cessé de fustiger "l'hypocrisie de la coalition au pouvoir, qui souhaite manifester alors même qu'elle est responsable de la situation actuelle". Pour Pape Demba Sy, "la Cap 21 est une coalition de partis qui a le droit de manifester contre la violence. Elle n'est pas l'Etat, et donc pas responsable de la sécurité des citoyens". Il rajoutera alors, concernant Talla Sylla, que "la justice n'a pas encore terminé son travail. Comment peut-on accuser ainsi ? Le Cpc ferait mieux de réviser sa propre histoire : la violence n'existe pas que depuis trois ans". Et Iba Der Thiam de poursuivre : "Certains d'entre nous ont également été victimes de la violence, ont même fait de la prison. Il serait d'ailleurs intéressant de discuter avec la classe politique de tous les cas de violence depuis cinquante ans." Boubacar Bâ (Pds), se réserve la conclusion sur ce point : "Wade a véritablement souffert de la violence, sous la responsabilité du Parti socialiste qui, aujourd'hui, tient à la faire oublier." Pour la marche de ce jeudi avec la société civile, la Cap 21 compte en tout cas sur "beaucoup de monde. Des gens ont appelé depuis la Mauritanie, pour dire qu'ils prévoient de se joindre à nous. Il y a même des imams qui vont venir avec leurs ouailles. Vraiment, ça pourrait être un succès". Un succès pour la Cap 21 ou pour la société civile ? Lors de la marche, on verra bien.
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