Idrissa SANE (stagiaire)
13 Novembre 2003
Le Comité national du Sénégal du projet Initiative pour le développement des mils et sorghos en Afrique de l'Ouest a tenu, hier à la piscine Olympique, son atelier d'évaluation après trois ans d'activités. Le comité a fourni aux transformateurs et aux producteurs les équipements adoptés et leur a apporté des informations utiles sur les opportunités du marché et de la production.
Le bilan est reluisant pour les organisateurs de l'atelier national d'évaluation interne du projet initiative mil sorgho. Ce projet, démarré en 2001 et financé à hauteur de 1.745.000 dollars américains, a permis la mise sur pied d'un cadre national pour permettre aux producteurs et aux transformateurs de nouer des contacts et d'entretenir des rapports sains. En outre, pour offrir au mil et au sorgho les critères de compétitivité sur le marché, le projet a fourni aux transformateurs les décortiqueuses multifonctionnelles, des batteuses dotées d'un système d'évacuation des pierres, du son. Toujours dans le cadre de l'amélioration des produits transformés à base de mil et de Sorgho et conformément aux besoins exprimés par la population, l'Institut de Technologie Alimentaire (Ita) a mené une étude pour équiper les transformateurs d'une broyeuse Alpine. Cette broyeuse performante possède un système mécanique pouvant rendre le mil et le sorgho en farine plus appropriée pour la boulangerie et la pâtisserie. Le projet «Initiative Mil-Sorgho» regroupant cinq pays (le Mali, le Burkina Faso, le Tchad, le Niger et le Sénégal) a renforcé les capacités techniques, managériales et financières des transformateurs. Pour l'écoulement des produits, une étude de marché a été menée dont le but est de faire adhérer la masse à la consommation des produits locaux à base de mil et de sorgho.
Le projet Initiative Mil-Sorgho (Ims) envisage de conquérir le marché de l'Union européenne et le marché des Etats-Unis où vit une importante colonie de Sénégalais. L'idée de la conquête du marché extérieur est partie du faible taux d'exportation des produits transformés. Au Sénégal, le tonnage du mil et du sorgho transformé oscille entre 800.000 et 1 million de tonnes et seulement 5.000 tonnes qui sont exportées. L'objectif de ce projet, comme l'a souligné le docteur Ababacar Ndoye, directeur de la recherche et du développement de l'Ita, c'est de réduire la sous-alimentation. Le représentant du ministre de l'Industrie et de l'Artisanat va abonder dans le même sens. La promotion de la transformation est une voie de salut pour le Sénégal et les autres pays dont le régime alimentaire dépend exclusivement du riz. «Compte tenu de la place qu'occupent les céréales dans notre alimentation, le gouvernement ne peut que lui accorder toute l'importance qui se doit. Ceci, dans un contexte où la Fao met en garde contre une pénurie imminente de riz qui constitue la source alimentaire qui s'accroît le plus rapidement en Afrique et à une influence majeure sur la nutrition humaine et la sécurité alimentaire dans le monde», a indiqué le représentant du ministre de l'Industrie et de l'Artisanat qui ajoute, par ailleurs, que le chef de l'Etat, Me Abdoulaye Wade, encourage les acteurs qui s'activent dans la relance de la production mil-sorgho et les invite à inscrire dans cette dynamique le maïs.
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