Lazare Kolyang
13 Novembre 2003
Sur la soixantaine de véhicules saisis, une vingtaine reste gardée au garage administratif.
Lancée en juin dernier à Yaoundé, sur haute instruction du Premier ministre, l'opération de maîtrise du parc automobile de l'Etat a atteint la ville de Douala. Et depuis lundi dernier, la chasse menée contre les Ca par les responsables du comité de suivi chargé de ce dossier aux services du Premier ministre a permis d'interpeller, le premier jour (lundi) 56 voitures, toutes marques confondues, et appartenant à diverses administrations. Après " vérification ", 32 ont été restituées à leurs " propriétaires ", et une dizaine retenues. Hier, une dizaine d'autres ont été saisies et sont actuellement gardées loin des regards indiscrets à Bonanjo. D'après les déclarations de M. Ngon à Mounang, le président du comité de suivi de cette opération, " les cas compliqués seront étudiés à Yaoundé ". Cette opération coup de poing est la suite d'un acte de toilettage engagé par le gouvernement.
Ainsi, l'étape de Douala, entamée lundi dernier, intervient alors que celle débutée le mercredi 18 juin à Yaoundé, après le coup d'éclat des premiers jours, n'a pas donné aux observateurs l'impression qu'elle se déroulait sans la moindre pression. Et ceci malgré le coup de semonce du Premier ministre à l'endroit des chefs de départements ministériels quant à l'achat et l'affectation inconsidérée des véhicules administratifs. Au lendemain de la première réunion du comité de suivi tenue le 24 juin 2003 à l'immeuble Etoile à Yaoundé entre les membres de ce comité, plusieurs décisions avaient été prises, au rang desquelles la mise sur pied d'un Système informatisé de gestion du parc automobile administratif (Sipaad) qui devrait en principe permettre de gérer quotidiennement les données de tous les véhicules appartenant à l'Etat.
Des données disponibles au Ministère des Transports font état de ce que 8130 cartes grises ont été répertoriées. Et selon le constat fait par les membres du comité de suivi, plus de 80 % des véhicules illégalement détenus sont en service au Ministère de l'Enseignement supérieur. On se souvient que l'opération avait fait, la première journée de son lancement à Yaoundé, plus de cent victimes. Une situation qui fait penser que le message du Premier ministre il y a deux ans n'était alors qu'un coup d'épée dans l'eau. Dans une lettre circulaire adressée aux chefs de départements ministériels, Peter Mafany Musongè fixait les niveaux de responsabilité donnant droit à un véhicule administratif et le gabarit y afférent. Le rappel à l'ordre du chef de gouvernement en septembre 2002 dans une autre lettre circulaire, ne changera rien à la tendance. Nombre de ministères se sont plutôt lancés dans une course effrénée dans l'achat de véhicules en nombre et en calibres disproportionnés.
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