M.m
13 Novembre 2003
Le général devenu président veut sortir son payé de l'instabilité socio-politique chronique.
A la fin, le 27 octobre dernier des assises du Dialogue National qui avaient mobilisé quelque 350 personnes de tous horizons venues de l'ensemble de la Centrafrique, et qui était censées mettre un terme aux crises récurrentes qu'à connues ce pays d'Afrique centrale de 3,7 millions d'habitants depuis 1996, le président Bozizé avait déclaré : " Je m'emploierai à ce que les actes du Dialogue national puissent être traduits dans les faits. Le Comité de suivi des actes du Dialogue national qui sera mis en place contrôlera leur exécution ". Depuis, le l'homme fort de Bangui, arrivé au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat le 15 mars dernier, ne cesse de multiplier des gestes de bonne volonté, pour que son pays retrouve la stabilité, condition nécessaire à un redémarrage économique. Un gouvernement de transition, avec à sa tête Abel Goumba et largement dominé par des civils, est, depuis, au travail, sous le contrôle d'un Conseil National de Transition, qui fait office de transition, et où siègent aussi bien les représentants des partis politiques, que de la société civile.
Pourtant, cet ancien chef d'Etat Major de l'armée centrafricaine aurait pu choisir de faire comme beaucoup de ces pairs africains, même si, la situation situation socio-politique ne lui offrait pas d'autres choix: concentrer tous les pouvoirs entre ses mains. Il en a décidé autrement. Cet ancien élève de l'école des officiers d'active de Bouar (Esfoa), créée par Bokassa, dont il fut l'aide de camp et qui fera de lui un général, est un habitué de la vie politico-militaire centrafricaine. Déjà en 1981, il est ministre de l'information dans le gouvernement de l'ex-président Kolingba. Mais leurs relations vont rapidement se brouiller, après le coup d'Etat manqué du 3 mars 1981. Ce qui le conduira en exil au Bénin avant d'être ramené manu militari à Bangui puis incarcéré pendant deux ans. En 1992, il sera amnistié. Candidat à l'élection présidentielle de 1993, il n'obtiendra que 1% des suffrages, alors que Ange Félix Patassé prenait démocratiquement les rênes du pouvoir.
Pendant les événements tragiques de mai 1996 en janvier 1997, qui vont ensanglanter son pays, le Général Bozizé va soutenir la légalité constitutionnelle. Mais en mai 2001, une nouvelle tentative de coup d'Etat va semer le doute entre les deux hommes et Bozizé. Soupçonné d'être l'un des cerveaux du coup, il va refuser de se présenter à la commission mixte d'enquête judiciaire et va s'enfuir avec une cinquantaine de partisans vers la ville frontalière du Tchad, Sahr. Réfugié au Tchad, cet originaire de Ouham comme Ange Félix Patassé, va organiser son retour triomphal à Bangui le 15 mars.
C'est donc cet homme de 57 ans qui a la charge d'éteindre une crise qui dure depuis 1996. L'application des dix résolutions prises lors du dialogue national comme l'adoption d'une nouvelle constitution et l'organisation d'ici janvier 2005 des élections municipales, législatives et présidentielles constitueront à coup sûr le véritable test de crédibilité pour cette homme très croyant.
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