Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Politique - Sdf-Udc-Mldc... : la candidature unique de l'opposition se précise

Jules Romuald Nkonlak (Stagiaire)

13 Novembre 2003


Présidentielle 2004. La coalition de l'opposition se met en marche. Cinq partis politiques ont signé hier une plate forme commune de l'opposition en vue de la prochaine élection présidentielle.

Il faut fournir quelques efforts physiques pour accéder à la salle de permanence du Social Democratic Front (Sdf) au quartier Olezoa à Yaoundé. A cause d'une dénivellation et du manque d'escaliers à l'entrée de cette salle, bon nombre d'hommes et de femmes d'âge avancé ont eu besoin d'une main tendue pour y accéder. Ceci jusqu'à ce que des vieilles batteries d'automobile soient posées au pied de la porte, pour tenir lieu d'escaliers, et faciliter l'accès à cette salle particulièrement fréquentée ce mercredi 12 novembre 2003. Les membres de cinq partis politiques de l'opposition, des leaders politiques, la presse nationale et internationale, se sont donnés rendez-vous ce jour au siège provincial du Sdf à Yaoundé. Au vu du décor, et de l'agitation qui régnait en ces lieux, il était difficile de perdre de vue le fait que l'on assistait à une manifestation importante, présentée par les principaux acteurs comme un grand jour pour l'opposition camerounaise dans sa quête du pouvoir.

Les drapeaux du Sdf et de l'Union démocratique du Cameroun (Udc), visibles sur la table de cérémonie, mais aussi en arrière fond derrière les acteurs du jour, donnaient déjà une indication sur les principaux artisans de la manifestation du jour.

Sur la table autour de John Fru Ndi, le chairman du Sdf, et de Adamou Ndam Njoya, président national de l'Udc, on pouvait apercevoir Marcel Yondo, président national du Mldc, Antar Gassagay de l'Upr, Aron Mukuri Maka du Mdp, autres signataires de la plate forme. Mais à cette même table, on remarquait la présence du député Sdf Pierre Kwemo, et de Issa Tchiroma. Ce dernier a d'ailleurs fait l'objet de multiples interrogations de la part du public. Lors de la présentation des personnalités, il a simplement été désigné comme ancien ministre, sans aucune mention à sa formation politique, comme ce fut le cas pour ses voisins de table.

L'intéressé, face aux questions répétées de la presse, a tout de même tenu à préciser qu'il restait membre de l'Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) : "Je reste militant de mon parti, mais partout où s'écrit une ligne de l'histoire de mon pays, je me fais un devoir d'y être", a-t-il déclaré. S'agissant de la cérémonie elle même, elle a consisté avant la signature de la plate forme, à une présentation sommaire du document. John Fru Ndi en anglais, et Adamou Ndam Njoya en français ont lu le préambule, et commenté les grandes lignes de ce document de 43 pages, qui fait un certain nombre de propositions sur les différents secteurs de la vie nationale. Ce document évoque notamment un ensemble de reformes sur les plans politique, économique et social, tout en évoquant les possibilités de changer le Cameroun, d'en faire "un pays de vainqueurs" comme l'a souligné Issa Tchiroma dans la prière d'ouverture.

Candidat unique

Un point du document ainsi présenté, a particulièrement attiré l'attention du public présent. Il s'agissait de la volonté réaffirmée par les leaders politiques présents d'aller à la prochaine élection présidentielle en rang unique. Et une question a certainement effleuré plus d'un esprit. Qui sera le candidat chargé de porter la voix de ces différentes formations politiques? On s'est surpris à scruter les visages, à étudier les attitudes, en se posant la question de savoir si cet homme tant attendu pouvait se trouver là, autour de la table. Et la question qui brûlait tant les lèvres, a bien sûr été posée. Pour la réponse, il faudra attendre. Pour combien de temps encore? John Fru Ndi a déclaré que le premier candidat, c'étaient les idées contenues dans le plan d'action, et que penser à un homme maintenant, ce serait mettre la charrue avant les boeufs.

Liens Pertinents

Une idée appuyée par Marcel Yondo, qui a précisé qu'il fallait d'abord préparer les reformes, et non préparer un siège pour s'installer. "La pensée précède l'action. Une union fraternelle s'impose aux partis qui veulent aider leurs compatriotes à se relever. Pour l'élection présidentielle de 2004, plusieurs partis politiques l'ont compris. Le moment venu, nous investirons le candidat de la majorité de l'opposition." D'après le programme d'action, on sait d'ores et déjà que le candidat unique ne sera pas nécessairement le président d'un parti politique, mais il devra faire parti de l'Union des forces progressistes (Ufp), la coalition qui est entrain de se mettre sur pied. D'autres leaders, à l'instar de Sanda Oumarou, n'ont pas pu être présents, mais, ont tenu tout de même à faire savoir qu'ils restaient de tout coeur avec le mouvement.

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