United States Department of State (Washington, DC)
Par Charles Corey et Bruce Greenberg Rédacteurs du "Washington File"
13 Novembre 2003
Washington, DC — Des représentants des secteurs public et privé y assisteront du 19 au 21 novembre.
Washington - La seconde conférence annuelle sur le pétrole et le gaz naturel en Afrique réunira des représentants de gouvernements africains, du gouvernement des Etats-Unis et du secteur pétrolier et gazier et aura pour objet le développement du secteur énergétique africain, a déclaré le président du "Corporate Council on Africa" (CCA), M. Stephen Hayes, lors de l'entretien qu'il a récemment accordé au "Washington File".
Organisée par le CCA du 19 au 21 novembre à Houston (Texas), cette conférence représente quelque chose de nouveau pour cette association qui regroupe quelque 150 sociétés américaines implantées en Afrique et qui a décidé d'organiser des conférences portant sur divers secteurs de l'économie africaine (pétrole, gaz naturel, tourisme, agriculture et télécommunications). "Nous allons organiser, a dit M. Hayes, une série de conférences annuelles sur des branches d'activité ou des sujets particuliers afin d'établir des liens entre le reste du pays, et non pas seulement Washington (où se trouve le siège du CCA), et le continent africain."
Le pétrole et le gaz naturel revêtent une grande importance pour l'Afrique car ils faciliteront son développement économique.
Toutefois, le pétrole africain ne va pas remplacer celui du Moyen-Orient ; il permettra au moins de mieux diversifier les fournisseurs des Etats-Unis.
Un des avantages de l'accroissement des importations de pétrole et de gaz naturel africains des Etats-Unis sera le resserrement des liens politiques et économiques entre les Etats-Unis et l'Afrique. Le fait que la société ChevronTexaco est en train de construire en Afrique du Sud la plus grande raffinerie d'Afrique illustre ce renforcement des relations entre les Etats-Unis et le continent africain.
Citant des statistiques de la société ExxonMobil, M. Hayes a indiqué que les Etats-Unis n'avaient pas encore trouvé les quantités de pétrole et de gaz naturel qui leur seraient nécessaires en 2015 pour satisfaire leurs besoins. S'il existe peut-être suffisamment de réserves de pétrole et de gaz naturel dans le monde, a-t-il dit, il reste à les découvrir, à faire des forages, à transporter la matière brute et à la raffiner, et c'est pourquoi les nouveaux gisements africains sont si importants.
L'Afrique offre plusieurs avantages sur le plan de l'exportation de son pétrole. "Il est clair, a-t-il dit, que la plus grande stabilité de l'Afrique de l'Ouest permet un ravitaillement plus régulier. En outre, l'Afrique est plus proche que le Moyen-Orient, ce qui réduit les frais de transport (...) et la plupart des pays d'Afrique de l'Ouest ne sont pas membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP)."
Quelque 12 % des importations de pétrole et de gaz naturel des Etats-Unis proviennent de l'Afrique, et selon certaines estimations ces importations pourraient atteindre 20 % dans un avenir assez proche. "Une augmentation de 8 % peut paraître assez faible, mais il n'en est rien, a-t-il expliqué. Elle représente aussi une diminution de 8 % des importations de pétrole provenant d'autres pays."
A propos de la conférence de Houston, M. Hayes a souligné qu'il était très difficile de réunir des représentants des secteurs public et privé et qu'on pouvait estimer que cette conférence était très importante vu le nombre des ministres et des dirigeants d'entreprise qui allaient y assister.
Quant au Sommet américano-africain des entreprises que le CCA a organisé il y a quelques mois, M. Hayes a déclaré que la participation du président des Etats-Unis, du secrétaire d'Etat, du ministre du commerce, du représentant des Etats-Unis pour le commerce extérieur, du président de la commission sénatoriale des affaires étrangères et des présidents des deux commissions parlementaires des affaires africaines avait illustré l'importance des relations entre les Etats-Unis et l'Afrique.
Bien que le secteur pétrolier compte de nombreuses grandes sociétés, la conférence de Houston mettra aussi l'accent sur les petites entreprises dont le nombre de salariés est inférieur à 400. "La plupart des 1.100 entreprises de Houston qui ont des activités dans le secteur pétrolier et gazier africain sont de petites entreprises. A l'heure actuelle, l'énergie constitue un secteur où les petites et les grandes entreprises peuvent travailler ensemble."
Outre des dirigeants d'entreprise et des investisseurs, la conférence de Houston réunira des africanistes et un grand nombre de diplomates américains et africains. Parmi les invités, figurent le président de la société "Chevron Texaco Overseas Petroleum", M. George Kirkland, et des représentants des sociétés ConocoPhillips et Bechtel.
L'Afrique subsaharienne sera représentée par le ministre nigérian des affaires économiques et commerciales, M. E.E. Imohe, par de hauts responsables des ministères sénégalais et togolais de l'énergie, par le directeur de la Société pétrolière nigériane ainsi que par les ministres de l'énergie et du pétrole de la Gambie, de la Guinée équatoriale et de la République démocratique du Congo.
Le gouvernement des Etats-Unis sera, quant à lui, représenté par le directeur par intérim du service des affaires africaines et du Moyen-Orient du ministère de l'énergie, M. George Person, et par la directrice du service des affaires africaines du ministère du commerce, Mme Holly Vineyard.
Des représentants de la Banque mondiale et de la Banque d'import-export des Etats-Unis assisteront aussi à la conférence.
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