Modeste Mefenza (stagiaire)
13 Novembre 2003
Après le succès du dialogue national, les Nations Unies prennent de nouvelles initiatives pour relancer la Centrafrique.
En Avril dernier, un " Appel d'Urgence " sur le Centrafrique avait été lancé par les Nations Unies, mais n'avait pas reçu un écho favorable. Un second " Appel consolidé " sera également lancé du 18 au 19 novembre prochain. C'est donc en prélude à cet appel que des représentants de sept Agences du système des Nations Unies en Centrafrique (Pnud, Fao, Hcr, Pam, Oms, Unicef, et Unfipa) ont entamé une mission de plaidoyer, d'abord à Kinsasha, puis hier à Yaoundé, en faveur de leur pays d'affectation. Leur but: sensibiliser les ambassades basées au Cameroun qui ont juridiction sur la RCA (États-Unis, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Espagne, Allemagne et Canada), sur la situation que traverse ce pays, afin de mobiliser les énergies et l'aider à s'en sortir.
Pour le Camerounais Stan Nkwain, représentant du Pnud en Centrafrique et coordinateur des activités du système des Nations Unies dans ce pays, " la situation s'est calmée et s'est relativement stabilisée. Il y a un cadre qui permet à tous les partenaires socio-politiques de s'exprimer. Une partie des activités des Nations Unies a donc repris. C'est la raison pour laquelle nous sommes ici pour étudier les partenariats que nous pouvons développer avec ces pays. "
Pour l'essentiel, cet Appel Consolidé est lancé en direction de la communauté internationale afin de mobiliser 19 millions de dollars. Une somme qui sera allouée à une gamme d'activités qui touchent les groupes les plus vulnérables, allant de la santé, à l'instar de la lutte contre le sida, à la sécurité alimentaire, en passant par l'éducation, la protection de la personne et la réabilitation à base communautaire. M. Stan Nkwain se dit optimiste pour la suite. " Les ambassadeurs nous ont surtout demandés quels étaient les mécanismes que nous avons mis en place. Nous espérons les revoir dans quelques semaines ". Mais pour le Béninois Gilbert Aho, économiste principal du Pnud à Bangui, même si cette somme est recueillie " elle restera une goute d'eau dans l'océan, au vu des problèmes de l'heure ".
Et pour cause, le pays a des aérés de payement de sa dette extérieure de 150 millions de fcfa sur un montant total de 600 millions de fcfa de dette. De plus, les besoins annuels sont aujourd'hui estimés à 144 millions de fcfa, dont 27 millions pour le payement des salaires des fonctionnaires. Ces derniers ont des arriérés de salaires de 25 mois. Le pays est au bord de la faillite. Le revenu par habitant à diminué de moité depuis 20 ans, le taux de mortalité est plus élevé qu'il y 10 ans, et le taux de scolarité est aujourd'hui de seulement 43%. Or, l'Etat ne recevrait que 15 à 20 millions de fcfa des recette du diamant et du bois, ses ressources essentielles, alors d'un récent audit a estimé de 45 à 50 millions les recettes réelles de ces deux secteurs. C'est d'ailleurs dans ce sens que les autorités centrafricaines ont demandé une assistance technique de spécialistes. C'est aussi le sens de la mission du Fmi et de la Banque mondiale qui se rendra en janvier prochain dans ce pays.
Mais bien plus que cette assistance financière, les représentants de l'Onu ont insisté sur une assistance politique, une approche sous régionale de la résolution du problème centrafricain. Ainsi, pour Nana Sinkam, le représentant de la FAO, " Il n'y a pas de solution aux problèmes de l'Afrique centrale sans la résolution du problème centrafricain ". Les nombreux conflits qui minent la sous régions (dans les deux Congo, au Soudan, et au Tchad), ont une influence sur la Centrafrique une solution globale dans le cadre de la NEPAD serait, selon lui, l'une des voies les plus appropriées. Le Cameroun qui joue un rôle de leadership dans la sous région devrait également plus s'engager dans ce sens.
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