Propos Recueillis Par Joseph Sene
14 Novembre 2003
opinion
Modou Diagne Fada : « Les Sénégalais sont derrière Me Abdoulaye Wade »
Les Sénégalais étaient encore mobilisés derrière le président Abdoulaye Wade. Nous avons montré à tous que Me Wade était l'homme politique le plus populaire de ce pays et que les Sénégalais de façon générale soutenaient son action et sa politique. Cela, nous l'avons prouvé de la place de l'Obélisque à la poste de Médina. Maintenant nous étions à là pour participer à une marche de la société civile. Cette dernière a décidé ce qu'elle a décidé. Et elle n'a pas eu la courtoisie de nous en parler. Nous avons attendu jusqu'à quinze heures cinq minutes et nous avons demandé à nos militants de rentrer et puis maintenant on verra. Ils nous ont invité, ils ont souhaité avoir beaucoup de monde.
Nous leur avons mobilisé du monde. Nous sommes arrivés ici à midi trente. Nous avons attendu jusqu'à quinze heures. Si nous étions animés par la volonté de récupérer la marche, à midi trente, nous avions pu continuer le trajet et arriver à l'avenue Peytavin. Nous ne l'avons pas fait, nous avions décidé de les attendre.
Quand les éléments de la société civile sont arrivés, ils n'ont pas pris contact avec nous. Donc nous ne connaissons pas leur raison. Nous ignorons les raisons pour lesquelles la société civile a décidé de reporter sa marche. Je crois que la moindre des choses, c'était de nous informer parce que personne n'est venu ici de son propre gré. Nous sommes là parce que nous avons été invités par des gens. Quand on invite quelqu'un et à un moment donné on décide de faire autrement, il faut avoir la courtoisie de le lui dire de face. Et puis maintenant chacun en tire les conclusions.
Abdoulaye Faye, vice-président Assemblée nationale
«Une mobilisation massive »
La CAP 21 et le Parti démocratique sénégalais (PDS) ont répondu à l'appel de la société civile sur des bases légales. J'ai par dévers moi l'autorisation qui a été délivrée à la CAP 21 et au PDS répondant à une demande que j'ai moi-même formulée au nom de ces partis. Et c'est le préfet de Dakar qui nous autorise à marcher pour soutenir la société civile contre les violences de la permanence du PDS à Colobane en passant par la RTS et le point de jonction étant la poste de Médina. C'est ce que nous avons fait sur invitation de la société civile.
Il y a la réponse à une invitation ça nous l'avons fait . Les formes dans lesquelles nous avons répondu est une forme massive. Que des initiatives soient prises par des citoyens et des militants pour manifester leur adhésion à un homme, à ses politiques, à ses objectifs et choix, que cela soit manifesté par des pancartes ou autres, ça c'est un autre problème.
Ce à quoi je pense est que les gens de la société civile sont peut-être dérangés par cette mobilisation massive, jamais, alors rarement constatée. On parle de cinq cent mille (500.000) personnes. Alors qu'on nous laisse en paix. Nous sommes la force la plus représentative de ce pays.
Iba Der Thiam, coordonnateur de la CAP 21
« Les relations qui nous unissent à la société civile ne datent pas d'aujourd'hui »
Nous avons marché ce matin jusqu'à 11 heures. Ce fut une marche pacifique et disciplinée. Lorsque nous sommes arrivés ici à la poste de Médina, il était une heure moins dix minutes. Comme vous pouvez le constater, jusqu'à présent, il y a affluence. Quand nous sommes arrivés ici nous avons attendu les gens de la société civile qui nous avaient invités. Mais jusqu'à cette heure ( 15 h), personne n'est venu nous expliquer.
Nous n'avons pas le droit de continuer la marche alors que ceux qui nous avaient invités ne sont pas là. C'est nous qui dirigeons le pays, et par conséquent, nous devons respecter les lois et règlements. C'est la raison pour laquelle nous avons décidé d'attendre jusqu'à quinze heures passées de cinq minutes pour demander aux populations de rentrer tranquillement chez elles, dans le calme et la discipline.
J'ajouterai que les relations qui nous unissent à la société civile ne datent pas d'aujourd'hui. Et ce n'est pas maintenant qu'elles seront rompues. Le pays nous appartiens tous. Nous avons décidé de le construire avec eux. La preuve : le président de la République a invité des membres de la société civile à participer dans son gouvernement, il a permis à certains d'entre eux d'intégrer l'Assemblée nationale. De même, il a coopté des éléments de la société civile dans le Conseil de la République qui sera bientôt installé. Il les appelle à des rencontres, les écoute et les consulte. Vu tout ce que je viens de dire, il va falloir dans les jours à venir que l'on se rencontre pour discuter, puisque la discussion permet d'aplanir les malentendus. Nous réitérons nos remerciements à la société civile pour l'invitation qu'ils ont bien voulu nous adresser. Nous espérons pouvoir les rencontrer sous peu pour nouer avec eux d'autres formes de coopération.
Bamba Ndiaye, MSU
« La société civile a peur d'être accusée
de faire le jeu de la CAP 21 »
Nous avons reçu l'appel de la société civile, nous avons répondu et donné notre engagement à manifester selon les conditions fixées par la société civile. Nous nous sommes engagés à respecter l'ensemble des modalités d'organisations qu'ils ont retenues. Mais nous avons clairement dit que pour permettre le succès de cette marche, il fallait prendre à notre niveau un certain nombre de mesures d'organisation. Tout le monde sait que les plus de cinq cent mille ( 500.000) personnes que nous avons rassemblées ici ( NDLR : devant la poste de Médina), si nous avions voulu les rassembler ici à cette place entre 14 h 30 et 15 h, il y aurait eu des problèmes très sérieux.
Voilà pourquoi nous avons décidé d'étaler la marche dans l'espace et dans le temps. A partir de 10 heures nous avons donné rendez-vous aux militants nombreux pour qu'ils s'organisent afin d'arriver dans les lieux de la manifestation dans le calme et dans la discipline. Cela nous l'avons annoncé et effectivement nous l'avons fait.
Nous sommes là et nous étions prêts à manifester avec la société civile selon les conditions qu'ils avaient fixées. Je vous signale que des instructions avaient déjà été données pour que toutes les banderoles non validées par la société civile soient retirées. Maintenant, évidemment dans la première phase, c'était la phase de l'échauffement si on peut dire. Personne ne pouvait interdire aux militants de brandir des pancartes qui leur plaisent. Mais nous avions déjà dit et nous l'avons réitéré publiquement ici ce matin que la société civile sera là pour organiser la manifestation, toutes les banderoles dont ils demanderont le retrait seraient retirées. Voilà donc que c'est avec certes un peu de surprise et beaucoup de compréhension que j'accueille la décision de la société civile.
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