Le Patriote (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Séjour ivoirien du président de la Commission Européenne - Romano Prodi, avant son départ : "Pas de décaissement pour la Côte d'Ivoire"

Yves-M Abiet

14 Novembre 2003


Romano Prodi, avant son départ : "Pas de décaissement pour la Côte d'Ivoire"

La Côte d'Ivoire ne bénéficiera pas de l'aide de l'Union Européenne. C'est la sentence prononcée par le Président de la Commission de l'Union Européenne (UE), Romano Prodi.

C'était hier, jeudi 13 novembre lors d'un point de presse à l'hôtel Tiama, devant un parterre de journalistes. Mais aussi et surtout devant le ministre ivoirien des Affaires étrangères du gouvernement de réconciliation nationale, Bamba Mamadou. «J'ai parlé avec les pays membres. (...) Il y a un engouement international beaucoup plus fort. Il faut faire vite. On ne décaissera pas. (...) Il faut créer les conditions pour le décaissement», a précisé le conférencier, Romano Prodi.

Pour le Président de la Commission Européenne, l'UE est engagée pour la paix qui s'appelle Marcoussis. «Je suis engagé à apporter la contribution de tous les pays de l'UE à la Côte d'Ivoire. Mais, il n'est pas possible de donner de l'aide si les accords de Linas Marcoussis (signés le 24 janvier 2003 à Paris) ne sont pas respectés»?

A propos justement de ces accords dont les partisans du pouvoir soutiennent qu'ils contredisent la Constitution du pays, Romano Prodi a tenu à préciser ce qui suit. «A Kléber, les accords ont été acceptés par tous les signataires avec enthousiasme. Tous connaissaient la Constitution de la Côte d'Ivoire. Il n'y a pas de problème avec la Constitution».

Romano Prodi qui a déclaré avoir rencontré le Chef de l'Etat hier durant deux heures, a fait cas de la disponibilité de celui-ci à rester engagé en faveur de Marcoussis. «Mais de l'autre côté, il m'a dit que les Forces Nouvelles doivent revenir dans le gouvernement. Et je suis d'accord», a fait savoir M. Prodi qui n'a pas caché ses inquiétudes quant à la partition du territoire. «Il faut lutter de façon active pour mettre fin à la division de la Côte d'Ivoire», a-t-il déclaré, avant d'afficher clairement sa crainte : «J'ai la crainte que le pays restera divisé pour le futur. Et il faut agir vite».

Dans la matinée, le Président de la Commission européenne a rencontré le Premier ministre Seydou Elimane Diarra ainsi que les ministres des Affaires étrangères, Bamba Mamadou, de l'Economie et des Finances, Bohoun Bouabré, de l'Agriculture, Amadou Gon Coulibaly et de l'Administration Territoriale, Issa Diakité. Les accords de Marcoussis, le processus DDR, le redéploiement de l'Administration, le financement de l'Ecoforce, le secteur cotonnier, l'audit de la filière café-cacao ont été au centre des rencontres.

Romano Prodi a quitté hier la capitale ivoirienne après 24 heures pour le Burkina Faco voisin où il «parlera dans le même sens et avec les mêmes mots» au Président Burkinabé. Parce que, «le problème de la Côte d'Ivoire est celui de la sous-région».

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