Jean-René Bompolonga
14 Novembre 2003
Kinshasa — Il lui reste à trouver les moyens Dans le cadre de la Journée mondiale de la science, en collaboration avec l'Unesco, le ministère de la Recherche scientifique a organisé le mercredi 13 novembre, une matinée scientifique au Cedesurk, dans l'enceinte du Centre des recherches géologiques et minières.
Outre l'intervention du ministre de la Recherche scientifique portant sur une nouvelle politique scientifique et technologique en RDC, l'assistance a suivi celles des ministres de l'Energie et de l'Agriculture, ainsi que du représentant de l'Unesco qui a lu le message du directeur général Koïchiro Matsura.
Dans son intervention, Me Gérard Kamanda wa Kamanda indique que la nouvelle politique scientifique et technologique en RDC consiste à faire de la recherche scientifique un élément moteur de la reconstruction, du progrès et du développement durable. Il n'a pas manqué de rappeler qu'il lui a été demandé par le gouvernement de concevoir la politique scientifique du pays durant la transition.
Faire de la recherche un élément moteur de développement du pays nécessite aussi et surtout des moyens. A cet effet, lors du débat, le ministre de la Recherche scientifique a déclaré qu'il était en train de prendre des contacts utiles. Avec la Banque mondiale, le ministère a obtenu l'intégration de la recherche scientifique dans la phase 2 du Programme multisectoriel d'urgence, de réhabilitation et de reconstruction (Pmurr). Il est en discussion avec l'Unesco sur base des documents préparatoires pour la réalisation de certains projets. Il a signalé le renforcement de certains secteurs par la Fao et l'Union européenne qui y ont consenti d'importantes ressources. Enfin, un ensemble des propositions a été fait en direction du gouvernement. Il a indiqué à ce sujet que l'objectif était d'accorder à la recherche 1% du Pnb en dehors de la rémunération. Actuellement, la recherche n'a que 0,03% du budget 2003. Pour avoir le 1% du Pnb, comme maints pays africains, le ministre estime que ce seuil sera atteint graduellement en augmentant le montant alloué à la recherche dans le budget. Peut- être dans cinq ou sept ans.
Pour le ministre de la Recherche, l'objectif de la journée scientifique est de renouveler l'engagement national et international de la RDC pour mettre la science au service de la paix et du développement durable. C'est le thème retenu pour la célébration de la journée mondiale de la science.
Le ministre de l'Agriculture, Justin Kangundu, a parlé de la recherche scientifique et de la sécurité alimentaire. Il a brossé un tableau sombre de l'agriculture congolaise car la production de plusieurs produits est en baisse. Pour lui, la solution passe par la science et la technologie. Mais jusque- là, a-t-il dit la recherche scientifique s'est montrée défaillante. La grande question est de savoir si ce ministère recourt régulièrement à la recherche pour faire face aux multiples problèmes qui se posent à ce secteur.
Le ministre de l'Energie, Kalema Lasono, est intervenu sur la recherche scientifique et la politique gouvernementale de l'énergie. Il a commencé par déclarer que pour parvenir à une meilleure utilisation des ressources énergétiques, il était indispensable de recourir à la recherche. Il a énuméré les diverses ressources énergétiques dont dispose le pays et donné les actions que son ministère va entreprendre pour ce secteur, notamment en ce qui concerne l'électricité, l'eau et les hydrocarbures. Malheureusement, ces actions ne prennent pas en compte la recherche scientifique surtout en ce qui concerne les énergies renouvelables et non renouvelables.
Répondant à la question de savoir ce qu'a été l'apport de l'Unesco à la recherche scientifique en RDC, son représentant déclare que cette agence onusienne intervient quand les nations membres de l'Onu la sollicitent. Et si en RDC, l'apport de l'Unesco est faible, c'est parce que le gouvernement congolais n'a pas cherché son concours. Comme l'actuel ministère de la Recherche sollicite le concours de l'Unesco, il y aura un changement.
Après les interventions et le débat, l'assistance a été conviée à visiter les expositions des résultats de recherche des chercheurs congolais tant du secteur privé que public. On s'est rendu finalement compte que, seuls, les moyens financiers et matériels faisaient défaut à nos chercheurs.
Signalons que Aimé Jacquet,vice- président du Cedesurk a eu à souhaiter la bienvenue à l'assistance.
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