Hmida Ben Romdhane
14 Novembre 2003
M. Robert H. Pelletreau Jr était ambassadeur des Etats Unis en Tunisie entre 1987 et 1991.
C'est lui qui avait entrepris, au nom de son gouvernement, les premiers contacts avec l'OLP, en Tunisie, en organisant une série de réunions palestino-américaines. Maintenant, M.Pelletreau a pris sa retraite du service diplomatique américain où il servait depuis 1962. Il est en visite en Tunisie, son «second pays», à titre privé. Non pas pour faire du tourisme ou pour redécouvrir la Tunisie qu'il connaît si bien. Il est là pour contribuer, parallèlement au circuit officiel si l'on peut dire, au renforcement des relations tuniso-américaines à travers le «Club Hannibal» qui a son siège aux Etats Unis et dont il est le Président.
M . Pelletreau est «content de retrouver une Tunisie stable et prospère». C'est ce qu'il a affirmé hier au cours d'une table ronde lors de laquelle il a parlé «à titre privé» et à bâtons rompus avec un certain nombre de journalistes tunisiens. Les relations tuniso-américaines «sont toujours excellentes, mais elles peuvent être meilleures par un surplus d'efforts, surtout du côté américain ». L'ancien ambassadeur estime aussi que «la Tunisie, Etat modéré et modérateur, a des conseils utiles à donner aux Etats Unis qui doivent mieux les écouter».
Il semble reconnaître un certain flottement dans la stratégie américaine vis-à-vis de l'Irak où «les reportages contradictoires» n'aident pas à y voir clair et où «l'issue est incertaine.» Toutefois, M. Robert Pelletreau estime que «la Constitution tunisienne peut être un modèle excellent pour les Irakiens». Il y a, dit-il, «une plus grande démocratie qui est en train de prendre place dans plusieurs domaines, y compris au sein du RCD, une première radio privée, un projet de télévision privée, une meilleure participation des femmes ».
M. Pelletreau a «très bien connu» les dirigeants palestiniens à Tunis et semble porter en lui une certaine frustration que la question palestinienne soit toujours dans l'impasse. Il regrette que les Etats Unis «n'aient pas compris le sens de la houdna (trêve) proposée par Abou Mazen qui n'a été soutenu ni par les Américains ou les Israéliens, ni par les siens alors qu'il s'activait à éviter une guerre civile inter-palestinienne. Avec Abou Alaa, les choses vont peut-être aller mieux, puisque aussi bien le gouvernement américain que les responsables israéliens semblent se résigner à l'idée de voir Arafat toujours influent. Ce changement d'attitude à l'égard d'Arafat pourrait aider Abou Alaa »
M. Pelletreau compte revenir l'été prochain en Tunisie avec des membres américains du Club Hannibal. L'idée est «de faire l'itinéraire d'Hannibal, y compris à travers les Alpes». Le Président du Club Hannibal tente d'intéresser le National Geographic, un grand magazine américain spécialisé, pour qu'il participe au financement de l'entreprise.
La randonnée sera sans doute beaucoup plus facile pour les membres du Club Hannibal que pour Hannibal lui-même et ses troupes, puisque l'itinéraire ne se fera sûrement pas à dos d'éléphant.
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