Fraternité Matin (Abidjan)
Douh-L. Patrice
14 Novembre 2003
Abidjan — Demain, l'hommage de la nation à ses vaillants soldats
Les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci) et les parents des militaires tombés sur le champ de bataille ou lâchement assassinés par des bandes armées depuis la nuit du 18 au 19 septembre 2002, participeront massivement ce samedi 15 novembre, à l'Ecole de la gendarmerie (Cocody), à la cérémonie d'adieu aux vaillants combattants exécutés pour la défense de la patrie.
Ils auront à leurs côtés, conformément au programme de la cérémonie funèbre, le Président de la République, M Laurent Gbagbo, chef suprême des Armées. L'homme d'Etat dont la présence est annoncée donnera sans aucun doute un cachet spécial à ce moment d'intense émotion au cours duquel la nation honorera ses martyrs.
Bien qu'affecté, à l'instar de l'ensemble des Ivoiriens, par la crise militaro-politique qui continue d'endeuiller de nombreuses familles vivant en terre ivoirienne, le Président Gbagbo tout en consolant les cœurs meurtris de douleur, invitera les uns et les autres à rester debout. Afin de démontrer à la nation tout entière que le sang innocent des défenseurs de l'ordre républicain, n'a pas coulé en vain. Il communiera avec sa troupe de plus en plus en confiance (elle a pris de l'étoffe et du coffre tant en homme qu'en équipement militaire) et consciente de son devoir.
Cette armée qui depuis l'attaque des rebelles, a perdu en son sein environ 152 soldats dont de nombreux officiers, sous-officiers, soldats de rangs (on pense aux gendarmes, aux militaires Yodé, Dali Oblé, Dagrou Loula et bien d'autres) froidement abattus à Bouaké par leurs tortionnaires alors qu'ils étaient sans armes, sans défense.
Une centaine de morts au moment où, de source proche des Fanci, on indique que l'institution souffrait d'une insuffisance en équipement et en effectif militaire. Malgré ce handicap, Les forces armées, corps militaire et para-militaire (Armées de terre, de l'air et de mer, Police, Douane, Eaux et Forêts) ont résisté à la bourrasque, démontrant ainsi leur professionnalisme.
Ce samedi, après des prières œcuméniques, des oraisons funèbres, des citations et promotions individuelles des soldats décédés et l'enlèvement symbolique de neuf cercueils, nul doute qu'ils seront nombreux, les invités, amis et connaissances qui écraseront en silence et dans le secret, des larmes d'adieu et d'espoir. Espoir de lendemains meilleurs que traduiront (de façon martiale) les sections du 43ème BIMA, de la Gendarmerie nationale, de la Police nationale, des Douanes, des Eaux et Forêts, du Groupement des sapeurs pompiers militaires, de la Garde républicaine, tout au long du défilé prévu à l'occasion. La population civile ayant payé un lourd tribut à cette guerre, sera représentée par deux sections dont une d'hommes, forte de 25 personnes et une de femmes.
Du côté des Fanci, on apprend que l'événement placé sous le signe du recueillement se déroulera sans haine. A ce propos d'ailleurs, les Forces armées nationales qui continuent d'intégrer en leur sein, sans tambour ni trompette, leurs frères d'armes "déserteurs", invitent ceux qui hésitent encore à franchir le Rubicon et à revenir à la maison (commune) où, les ex-rebelles sont accueillis en frères. Sans crainte de représailles.
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