Fraternité Matin (Abidjan)
MichÈle Pépé
14 Novembre 2003
Abidjan — L'objectif a été atteint, le président a été convaincant", a confié, en aparté, un officier supérieur des FANCI à des collaborateurs de M. Alain-Richard Donwahi, président de la Commission nationale de désarmement, démobilisation, réinsertion (CNDDR). C'était hier, en début d'après-midi à Yamoussoukro, à l'issue d'une séance de travail de plus de deux heures que le commandant du théâtre, le lieutenant-colonel Philippe Mangou, et ses collaborateurs venaient d'avoir, au centre des opérations, avec une délégation du CNDDR conduite par son président. Qui se rendait ainsi pour la première fois sur le théâtre des opérations en sa qualité de cette structure (installé le 16 septembre dernier) chargée de mettre en œuvre le programme national de DDR (PNDDR).
L'objectif en question était pour le président de la CNDDR de prendre contact avec les militaires sur le terrain, de leur présenter sa structure, de leur donner le maximum d'informations sur le DDR, recueillir leurs préoccupations, de même que leurs avis et suggestions pour la conduite de sa mission. Car, comme l'a dit Alain Donwahi aux éléments du lieutenant-colonel Gouri au PC du Groupement-centre à Daoukro, avec lesquels il a échangé dans l'après-midi, "ce n'est pas en restant dans les bureaux à Abidjan que nous allons réaliser le DDR". "C'est un travail de terrain, un travail d'équipe, un travail participatif que vous avez à conduire, parce que c'est vous les premiers acteurs et bénéficiaires. Pour ce faire, il est important que vous soyez sensibilisés. Le programme ne doit pas se faire de manière contraignante, mais il doit être accepté", a-t-il ajouté. Comme l'a reconnu le président de la CNDDR, "il y a un manque d'informations de la part des militaires".
Et comme nous avons pu l'entendre à Daoukro notamment, les soldats éprouvent un grand besoin d'être informés dans les moindres détails. "Il a dit qu'il allait revenir, nous l'attendons", a confié un officier, à l'issue des échanges avec les militaires de Daoukro. Qui devront néanmoins attendre la réunion de restitution de l'information que devra organiser le commandant du théâtre avec les groupements placés sous autorité.
Pour sa part en tout cas, le lieutenant-colonel Philippe Mangou, s'est dit satisfait de la rencontre avec la délégation de la CNDDR: "La séance de travail (à huis clos, ndlr) a été très enrichissante", a-t-il dit. Puis il a rassuré le président Donwahi en ces termes: "Nous avons la ferme volonté d'aller à la paix. Nous souhaitons que nos frères de l'autre côté soient habités par de la même volonté".
C'est en cela qu'il a regretté que les Forces nouvelles aient "rompu le dialogue". Malgré tout, il a confié que "des contacts sont pris pour qu'on avance et qu'on élargisse la zone de confiance, ce serait un DDR de fait. Cela permettra aux populations et aux marchandises de circuler librement". Le lieutenant-colonel Mangou a aussi fait un point de situation du terrain, qui demeure "calme, à part quelques infiltrations de part et d'autre".
Se voulant aussi rassurant, Alain Donwahi a indiqué qu'il entreprendra la même démarche de sensibilisation en direction des Forces nouvelles. Et d'ajouter: "Nous ferons en sorte que les Forces nouvelles soient aussi déterminées que vous à aller à la paix, afin que le pays retrouve son unité".
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