Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Des expériences très peu concluantes jusque-là au Sénégal

M.m.diaw

17 Novembre 2003


Au Sénégal, trois projets dans les domaines de l'agro-industrie, des télécommunications et de l'industrie, considérés comme des «dossiers sérieux » sont déjà à l'étude et pourraient recevoir prochainement l'aval d'Aureos, selon Satyam Ramnauth.

Mais, ce n'est que durant le premier semestre 2004 que le fonds ouvrira son antenne à Dakar. Devra-t-on s'attendre alors à un bouleversement considérable au niveau de l'environnement financier au Sénégal ? Les dirigeants d'Aureos expliquent eux-mêmes qu'ils ne viennent pas concurrencer les banques, mais apporter un complément de possibilités de financement. S'il se félicite de l'arrivée d'un tel fonds, Ousmane Sané, le responsable de l'antenne locale de la Bourse régionale des valeurs mobilières, n'en est pas moins dubitatif sur les éventuels bénéficiaires d'un tel mécanisme de financement : «Les capital-risqueurs sont dix fois plus exigeants encore. Il y a une extrême rigueur requise depuis l'étude de projet, la moralité et l'honorabilité des promoteurs, la capacité à manager le projet et, au moment de l'oral de contrôle qu'ils font subir aux candidats éligibles au fonds, il n'est pas question de répondre avec des hésitations». Pour cet économiste financier sénégalais, le développement d'une telle initiative nécessite une nouvelle race d'entrepreneurs avec des maisons de verre». A bon entendeur salut. Avec la Gvcf, la Seninvest, une société filiale de la Compagnie bancaire de l'Afrique de l'Ouest (Cbao), était l'une des deux premières sociétés de capital-risque à être créées en Afrique de l'Ouest, en 1992.

Aujourd'hui, Seninvest, qui disposait d'un fonds de 400 millions de Fcfa a arrêté ses activités. Même s'il n'a pas été possible d'en savoir les raisons auprès de la Cbao, l'on devine aisément que cette expérience n'a pas été très concluante. Aujourd'hui, excepté le Gvcf dont le fonds avoisine le milliard de Fcfa, il n'y a que Cauris investissement, un instrument mis en place par la Banque ouest-africaine de développement (Boad) avec un fonds de 2,5 milliards de Fcfa. Il opère en tant que capital-risqueur dans les huit pays membres de l'Uemoa. A la date du 31décembre 2002, ses opérations se montent à 3,4 milliards Fcfa, pour des prises de participation dans 22 sociétés dans les pays membres de l'Union.

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