Mamadou Sy
17 Novembre 2003
L'Agence nationale chargée de la Promotion de l'Investissement et des grands travaux (Apix) a convié vendredi dernier les journalistes à un atelier de restitution des travaux de la dernière session du Conseil présidentiel de l'investissement (Cpi) qui a eu lieu le 3 novembre passé au Méridien Président
L'occasion a été donnée au directeur général et à son adjoint de faire un aperçu de la situation et des perspectives de l'investissement au Sénégal, avant de rendre compte des études réalisées dans les groupes de travail du Conseil.
Pendant la période après alternance, il y a eu un accroissement significatif des investissements privés au niveau plusieurs secteurs, dont le tourisme, l'agriculture, les industries chimique et alimentaire et le Btp, selon le directeur de l'Apix, Mme Aminata Niane. Si l'on compare, indique-t-elle, la moyenne des investissements privés au Sénégal entre la période 1996-1999 et celle de 2000-2002, on constate qu'il y a une forte croissance des investissements durant toute la période qui a suivi après l'avènement de l'alternance dans le pays. Si de 1996 1999, les investissements réalisés au Sénégal étaient de 700 millions de dollars Us, soit 404 milliards de francs Cfa. De 2000 à 2002 par contre, ils ont atteint 1 milliard de dollars Us, soit 574 milliards de nos francs. S'agissant des investissements directs étrangers (Ide), ils sont passés des années 1991-1996 de 20 millions de dollars Us à 176 millions de dollars en 1997-1998. Un tel accroissement significatif des Ide est dû à la privatisation de la Sonatel. Ainsi, la moyenne des Ide est passée de 56 millions de dollars Us dans la période 1991-1999 à 62 millions de dollars Us dans celle de 2000-2002. Malgré les privatisations intervenues avant 2000, indique le directeur de l'Apix, la faiblesse des investissements directs étrangers a été constatée.
Cependant, note-t-elle, il y a des perspectives prometteuses au niveau des Ide dans le cadre de projets de partenariat dans le secteur privé au Sénégal. C'est le cas de projets agréés et en prospection, les "independant power project" (Ipp) dans le domaine de l'énergie et les projets de partenariat public privé (Ppp) dans les infrastructures. Il y a, selon elle, une évolution favorable depuis 2000 des investissements agréés au Sénégal qui s'est caractérisée par le doublement des intentions d'investissement et celui des emplois prévus. On assiste aujourd'hui à la diversification des secteurs d'investissement comme les Ntic, l'agro-business (maraîchage et floriculture d'exportation) et l'industrie (montage bus, ordinateurs, électroménager, etc.). À cela s'ajoute la diversification des origines des investissements. S'agissant de la répartition des investissements agréés par branche d'activité, c'est l'industrie alimentaire qui vient en tête en 2003 avec 34 % des investissements agréés, viennent ensuite l'Energie avec 28,4 % puis le tourisme avec 12,6 %. Pour l'année 2002, c'était l'industrie chimique avec 33,8 % qui venait en tête suivie du tourisme (17 %), de l'Energie (12,3 %) et de l'Industrie alimentaire (8,5 %).
À noter que le tourisme occupait la première position en 2001 avec 30 % des investissements agréés. Une dizaine de projets sont en cours de réalisation, il s'agit, entre autres, de ceux liés à la production maraîchère (15 millions de dollars Us prévus), à l'assemblage d'ordinateurs (1,7 million de dollars Us), au montage bus (26 millions dollars Us), à la production de détergents (4 millions de dollars Us), au pressage de Cdrom (5 millions de dollars Us) et à la thalassothérapie (4,3 millions de dollars Us). Il s'agira, pour pouvoir décoller, de lever certaines contraintes à l'investissement, dont celles qui sont liées à l'accès à la terre, aux procédures administratives, à la fiscalité, aux infrastructures et à la mobilité urbaine, au système d'incitations (fiscales et non-fiscales) peu compétitif et à la réglementation du travail peu flexible.
Il faudra également accélérer et diversifier les sources de croissance pour atteindre un taux minimum de 7 %, générer un taux d'investissement de 30 % du Pib (contre 21 %), être le 1er pôle d'attraction des investissements privés en Afrique de l'Ouest avec 775 milliards de francs Cfa par an et devenir le Hub en Afrique de l'Ouest. Aujourd'hui, les nouveaux projets confiés à l'Apix sont au nombre de quatre. Ce sont le Nouvel aéroport, l'Autoroute à péage, la Cité des affaires de l'Afrique de l'Ouest et le Chemin de fer à écartement standard. Il a été institué un nouveau cadre juridique de mise en oeuvre des Ppp dans les infrastructures qui doit s'appuyer sur la Loi Bot et la Loi instituant le Conseil des infrastructures. Ils ont pour objectif de sécuriser les projets tout en garantissant le consensus. À propos du Nouvel aéroport, Mme Niane estime que le site a été identifié et sécurisé à 40 kilomètres de Dakar. Il est estimé à 173 milliards de F Cfa. Quant au Projet de l'Autoroute à péage, il est estimé à 108 milliards de F Cfa qui vont être réalisés sous forme de financement Projet de partenariat public privé. Selon elle, on est en phase de finalisation de l'étude de faisabilité technique, économique et financière.
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