Mathieu Bacaly
17 Novembre 2003
Après plus de dix ans d'expériences et d'observations cumulées dans le domaine de l'art et surtout des arts plastiques, Patrick Mounaty Coly essaie de tirer certaines leçons et de proposer des solutions qu'il juge efficaces pour la relance de l'art visuel au Sénégal.
L'art a besoin d'être protégé, de vivre et d'évoluer pour la propension de la culture. C'est un moyen dont l'homme se sert pour prendre conscience des idées et intérêts de son esprit pour le bénéfice pas uniquement personnel mais de toute une communauté, de tout un pays entier. Face à la situation " cahoteuse du génie créatif au Sénégal ", il apparaît judicieux, selon Patrick Mounaty Coly, de préconiser certaines solutions qui visent à relancer dans l'immédiat l'art dans son sens le plus large du terme. De ce fait, l'artiste suggère, tout d'abord, le recensement de tous les artistes sénégalais évoluant dans le pays et à l'extérieur. Pour lui, cela est possible grâce à l'organisation d'expositions collectives d'oeuvres d'art dans les écoles, les Universités et surtout les lieux publics avec des artistes plasticiens élèves, étudiants, amateurs, jeunes et les professionnels où les autorités culturelles auront la possibilité d'énumérer leur nom. Ainsi, après avoir effectué le recensement de ces artistes, il faut procéder à leur formation en les prenant ensuite pour qu'ils assurent l'éducation des populations à la connaissance de l'art, des arts plastiques.
Il souligne aussi, qu'il faudrait que les artistes aient accès aux médiats en ayant la possibilité d'y exposer leurs projets, leurs idées afin que les populations puissent y porter leur jugement ou critique pour l'évolution de l'art. Par ailleurs, il propose que les centres culturels soient dotés d'un matériel adéquat, qu'ils soient réfectionnés. Et que l'on construise d'autres centres culturels dans les régions où l'on ne les trouve pas. " Cela permettra d'offrir aux artistes un cadre honorable d'épanouissement ", remarque-il. Cependant, à en croire Patrick, d'autres pratiques existent pour venir à bout des maux dont souffre l'art Sénégalais. Il s'agit notamment de la subvention par l'Etat de certains jeunes talents démunis et oeuvrant dans des situations très alarmantes. Il faudrait aussi que les entreprises et les artistes professionnels prennent des initiatives pour parrainer et aider cette crème naissante des jeunes artistes qui sont les futures ambassadeurs du Sénégal. Dans ses recherches et analyses, d'après quelques indices ou symptômes décelés dans le milieu, l'artiste constate qu'aujourd'hui, " les arts plastiques au Sénégal se portent très mal ".
Et, pour preuve, note-il, les populations sénégalaises en général ne connaissent pas l'art dans son intégralité. Elles n'essayent pas d'approcher les artistes pour s'imprégner de la qualité de leurs oeuvres en visitant leurs expositions. Les artistes sont complètement ignorés dans leur coin comme s'ils étaient des gens sans importance, des laissés pour compte. Durant les investigations qu'il a eu à mener, Patrick relève qu'après de fortes discussions avec des artistes d'horizons divers, certains acteurs culturels, ses récentes expériences d'expositions, beaucoup d'artistes sont complètement plongés dans un découragement manifeste et commencent à perdre de plus en plus leur volonté et leur engagement dans l'art. D'autres ont trouvé mieux de quitter le pays pour se livrer à l'aventure. N'est-ce pas là, une grande perte pour la culture sénégalaise en particulier et africaine en général ?
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