Fraternité Matin (Abidjan)
Marie-AdÈle DjidjÉ
17 Novembre 2003
Abidjan — La salle des fêtes de l'hôtel Ivoire a accueilli jeudi les 8ième et 6ième congrès conjoints de la société d'oto-rhino Laryngologie (ORL) et chirurgie cervico-faciale des pays francophones d'Afrique (SORLAF) placés sous le parrainage du Président Gbagbo. Un événement majeur depuis la tentative de coup d'Etat du 19 septembre parce qu'il marque le retour en Côte d'Ivoire des rencontres internationales.
C'est M. Mabri Toikeuse ministre d'Etat, ministre de la santé publique et de la population, représentant le Premier ministre Seydou Elimane Diarra qui a procédé à la coupure du ruban symbolique marquant l'ouverture du congrès, tout en espérant que des travaux sortiront des conclusions qui aideront à améliorer la santé de la population. Le ministre de la recherche scientifique qui était présent attend également beaucoup de ces travaux. Le maire de Cocody M. Gomon Diagou, a salué la tenue de la rencontre dans sa commune.
Cet événement a pourtant failli être compromis du fait de la crise socio-politique, et de l'étiquette de pays à risque collée à la Côte-d'Ivoire. La preuve : le professeur Chabolle F. Président scientifique du congrès s'est désisté à la dernière minute. Le professeur Beutter Patrice de l'Université de Tours, seul invité français présent a été commis pour assumer sa fonction au cours de cette rencontre. Le thème : cancer du larynx, explorations audio-vestibulaires et allergie naso-sinusienne.
Une douzaine de pays africains y prennent part.
Crise aujourd'hui en Côte d'Ivoire et dans d'autres coins du continent africain. Ce qui a fait dire au président de la société ORL, le Professeur Ehouo Florent que l'Afrique en général et la Côte d'Ivoire en particulier sont malades : malade du laxisme, de la gabegie, de la politique politicienne, des détournements de deniers publics, du SIDA etc. " Cette Afrique là nous n'en voulons plus ; c'est pourquoi nous nous faisons le devoir d'encourager toute initiative qui tend à relever la voix de notre continent dans le concert des nations ", a-t-il martelé. Les Africains ont, selon lui, le devoir de se réveiller de leur auto-anesthésie angoissante et de relever le vaste défi de la mondialisation. Le Professeur Ehouo a, par ailleurs, rendu hommage au père fondateur de la (SORLAF) et du (SIORL) le professeur Ambroise ETTE, président d'honneur du congrès.
Après avoir remercié le président Laurent Gbagbo, ainsi que les spécialistes de l'ORL, les différents établissements représentants l'industrie pharmaceutique, les sponsors et les partenaires à cette rencontre. Ce premier spécialiste de l'ORL à la retraite a rappelé que le cancer du larynx est toujours présent dans la population ivoirienne; mais avec un contexte particulièrement aggravé par la pathologie du VIH. L'étiologie principale du cancer du larynx réside selon lui essentiellement " dans l'association alcoolo-tabagique avec un doigt accusateur pointé sur le tabagisme et sa pourvoyeuse impénitente : l'industrie de tabac. " Le professeur ETTE a indiqué que les réflexions dans le domaine des explorations fonctionnelles de sa spécialité l'ont amené à faire un triste constat : il y a beaucoup à faire en Côte d'Ivoire pour rendre accessibles aux populations les moyens modernes de détection précoce et de diagnostic de la surdité. L'homme a profité de cette occasion pour saluer la prouesse réalisée par l'Association des handicapés de l'Ouïe et l'école des Sourds de Côte d'Ivoire avec l'introduction du langage gestuel international sur le petit écran de la RTI.
Ce congrès a été marqué par plusieurs tables rondes, avec des sous-thèmes. Un dîner-Gala de bienfaisance a eu lieu samedi à l'hôtel Ivoire en faveur de l'école des sourds-muets.
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