United States Department of State (Washington, DC)
Colleen Flanagan
17 Novembre 2003
Washington, DC — "Ce sont les femmes en Afrique qui sont le plus désavantagées sur les plans culturel, économique et politique" et "ce sont aussi elles qui dépendent le plus de la faune et de la flore sauvages ainsi que des forêts pour le bois à brûler et pour l'alimentation de leur famille."
Telle est du moins l'opinion de Mme Helen Gichohi, vice-présidente de l'"African Wildlife Foundation" (Fondation pour la protection de la faune et de la flore sauvages en Afrique ou AWF), qui a pris la parole lors d'une table ronde organisée le 13 novembre au Club national de la presse, qui portait sur la protection de l'environnement en Afrique et notamment sur le rôle des Africaines dans ce domaine.
Outre Mme Gichohi, l'ambassadrice de la République démocratique du Congo (RDC), Mme Faida Mitifu, la directrice générale de l'association "Fauna & Flora International", Mme Katie Frohardt, et la directrice des projets de protection de l'environnement de la société "Walt Disney World", Mme Kim Sams, ont participé à cette table ronde et ont toutes souligné l'importance de ce rôle.
Une fois qu'il a été décidé sur le plan politique ou économique de construire dans une zone boisée, ce sont les femmes - alors qu'elles ont été tout à fait exclues de la prise de cette décision - qui ont à marcher plus loin pour obtenir de l'eau, à chercher plus longtemps pour se procurer des vivres et à se déplacer plus souvent pour ramener du bois à brûler. Ce sont elles qui ont les relations les plus étroites avec l'environnement et ce sont encore elles qui subissent la plupart des conséquences de la dégradation de l'environnement. C'est pourquoi il est essentiel d'aider les femmes qui vivent dans des zones forestières à avoir des activités productrices de revenus en exploitant les richesses naturelles qui les entourent.
"Je buvais de la tisane avec une amie l'autre jour, et elle m'a dit que la tisane n'était pas très bonne, a dit Mme Gichohi. Il y a des femmes dont le lieu d'habitation se trouve près de plantes qui feraient une bien meilleure tisane que celle que nous buvions. Il nous faut commercialiser ces plantes et aider les femmes à gagner leur vie sans les déplacer des zones de protection de l'environnement."
De son côté, l'ambassadrice de la RDC, Mme Faida Mitifu, a déclaré que, à cause de la guerre civile, son pays comptait un nombre particulièrement important de femmes chefs de famille qui dépendaient de la forêt pour subvenir aux besoins de leur famille. L'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) va collaborer avec l'AWF en vue de l'élaboration de projets portant sur la protection de la faune et de la flore sauvages et sur l'accroissement du rôle des femmes dans ce domaine.
Mme Mitifu a fait état de la contradiction entre le rôle traditionnel de la femme en Afrique et les exigences de la vie moderne. Si l'on observe des progrès en ce qui concerne la participation des femmes à la vie politique et à la protection de l'environnement, a-t-elle indiqué, il reste encore beaucoup à faire.
Dans un monde dominé par les hommes, ce sont eux qui décident de la politique à suivre sans tenir compte de la situation difficile des femmes, a-t-elle dit tout en encourageant les organisations non gouvernementales à favoriser le rôle des Africaines dans les projets de protection de l'environnement.
Pour sa part, Mme Sams, de la société "Walt Disney World", a fait remarquer que très peu d'hommes assistaient à cette table ronde. Elle a résumé ce que pensaient la plupart des autres participantes en déclarant : "Il nous faut faire en sorte qu'un plus grand nombre d'hommes participent à ce genre de réunions, car actuellement nous prêchons des convertis."
(Les articles du «Washington File» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)
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