Fraternité Matin (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Bondoukou : des jeunes renoncent à l'exode rural

Correspondant Régional (kader Sébastian)

18 Novembre 2003


Abidjan — Plus de 300 jeunes gens, pour la plupart déscolarisés, pratiquent les cultures maraîchères. Aujourd'hui, l'exemple de Pinda-Boroko a fait tache d'huile.

Sous l'impulsion de Atta Yao César, un ancien élève de Tle D retourné à la terre, la culture de la tomate est devenue l'activité principale de plusieurs jeunes (garçons et filles) des villages de Mety, Secré, Doumassi, Boroko, Bohui et Kanassé. Ceux-ci se sont constitués en 7 groupements de producteurs. En 2000-2002, ces jeunes maraîchers ont récolté, selon les chiffres que nous a communiqués M. Atta, 150 t de tomate qui ont rapporté 5 millions de francs. Seulement, la déception a été grande car " ceux-là mêmes qui ont fait le boulot le plus difficile n'ont reçu que 2,4 millions sur ce chiffre d'affaires. Parce que les maraîchers dépendent des grossistes installés au marché du Plateau qui leur livrent les intrants et les semis ".

La tomate dont le kilogramme est vendu à 300 f, voire plus à Abidjan-Plateau, est achetée à 30, 50 ou 75 f le kg bord-champ à Pinda-Boroko.

Rappelons que la superficie totale occupée par la tomate cette année est de 40 ha. Les 4 premiers mois, les jeunes agriculteurs ont déjà produit 78 t de tomate. Selon toujours leur porte-parole, " à cause des intermédiaires, ils ne gagnent presque rien pour espérer être un jour autonome alors que 2,4 millions leur auraient suffi pour acquérir cette indépendance ".

A Pinda-Boroko, sur les conseils de Mme Koffi Yahoua Viviane, présidente départementale de l'OFFPI (Organisation des femmes du Front populaire ivoirien), nombreuses sont celles qui refusent aujourd'hui d'aller grossir le nombre des bonnes en ville. Aussi, ce sont-elles constituées en groupement informel apolitique de 200 femmes. Chacune a donné 500 f pour le fonds de démarrage avec lequel elles ont ouvert un compte à la CMEC à Bondoukou. Selon Mme Kessié Kouman, leur porte-parole, " en 2002, elles ont commencé par 4 hectares de maïs qui leur ont rapporté 250 000 f pour 50 sacs ".

Après la récolte, elles ont mis en terre du manioc. Mme Abenan Tamia Christine, qui vivait naguère à Abidjan, a rejoint le groupe. Et, c'est non sans fierté qu'elle déclare posséder aujourd'hui 2 hectares d'anacardier.

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