Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Gilbert Tsala Ekani : "Nous faisons de l'information sans concession"

Propos recueillis par Alain B. Batonguè

18 Novembre 2003


interview

Le directeur de publication du " Pari du mercredi " présente son journal.

Qu'est-ce qui vous pousse à créer un journal aujourd'hui?

Ce qui me pousse à créer un journal, c'est la passion du journalisme. Je crois qu'un journaliste, c'est celui qui qui fait du journalisme, La palisse ne dirait pas mieux. Quand vous ne faites du journalisme, vous vous lancez dans la théorie du journalisme. Même si vous avez un diplôme, vous êtes diplômé en journalisme, vous n'êtes journaliste. Le journaliste, c'est quelqu'un qui exerce, qui ne se rouille pas. Moi, je n'ai pas voulu me rouiller. Ça fait deux ans que je ne peux pas dire que je fais vraiment du journalisme. De temps en temps, je fais un papier ici et là dans certains journaux mais je n'ai pas un journal ou une radio qui me permette de peser réellement sur la ligne éditoriale et cela me gênait énormément. Or là, j'ai pu avoir un journal. Je suis totalement responsable de ce journal, et pour la première fois, ça me permet d'assouvir un tout petit peu ma passion du journalisme.

Que vous répondez à ceux qui pensent que c'est juste un journal de plus dans la floraison de titres qu'on observe ça et là ?

C'est leur droit de penser que c'est juste un journal de plus. Mais, c'est aussi mon droit de dire que j'ai le droit comme tous les autres d'avoir un journal. Je crois c'est un métier où c'est le public qui est souverain après Dieu. Alors, c'est le public qui va juger, le public verra mon journal et le public sanctionnera en bien ou en mal.

Le pari du mercredi, c'est quoi son point d'ancrage, sa ligne éditoriale?

Sa ligne éditoriale, c'est l'information. L'information vraiment, sans concession mais sereinement. Ça veut dire que nous n'allons pas nous lancer dans un journalisme enragé, qui est celui de la dénonciation, de la calomnie et même parfois de l'insulte. Nous n'allons pas non plus nous lancer dans un journalisme de génuflexion, qui consiste simplement à clamer, à approuver, à applaudir. Ce n'est pas cela, c'est d'abord les faits. C'est pour cela que nous avons notre slogan: l'information sans concession, l'audace dans la sérénité. C'est un peu cela la ligne éditoriale à ce journal. Maintenant, ligne éditoriale pour certains ça veut dire est-ce que je suis du pouvoir, est-ce que je suis dans l'opposition? Moi, j'ai mes engagements vis-à-vis du pouvoir, et je ne cache d'ailleurs pas, que j'ai été responsable de la presse parlée au Rdpc, c'est un engagement que je ne renie pas. J'espère qu'il ne va pas trop influencer la ligne éditoriale de mon journal. Donc, c'est un journal qui essayera de donner son sentiment quand il le jugera utile et le public appréciera.

Qu'est-ce que ça fait de partir du journalisme radio que vous avez exercé pendant très longtemps et que vous avez même enseigné à l'Esstic, pour vous retrouver dans la presse écrite?

C'est les vicissitudes de la vie. Je vous ai dit que la radio pour moi, c'était une passion. Mais je ne peux pas faire la radio de force si ceux qui ont voix au chapitre m'empêchent de faire la radio parce que, paraît-il, je n'ai pas assez de talent. Je vais donc faire la presse écrite.

Effectivement, ma passion première c'est la radio. Maintenant, si je n'arrive pas à assouvir cette passion, il faut que je me souvienne que, avant d'être journaliste radio, je suis d'abord journaliste. C'est ce qui m'incite à me lancer dans cette aventure. Pour l'instant, je suis tout à ma joie d'avoir pu sortir le premier numéro de ce journal. Je le savoure énormément et j'espère que Dieu me donnera la force, le courage, l'intelligence et surtout la santé pour que je puisse continuer cette oeuvre magnifique parce qu'après ça risque d'être très difficile de m'enlever de mon journal pour me dire de faire la radio, parce que c'est quelque chose que j'ai créé, c'est mon fils et j'entends le voir grandir si Dieu me prête vie.

Dans le premier numéro, on remarque quelques lacunes, notamment dans la mise en page et dans la relecture. Est-ce un problème d'équipe ?

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Disons qu'il y a des petites fautes, et des virgules qui manquent. On ne peut pas parler de lacunes car cela voudrait dire que qu'il y a des grosses fautes. Il est question d'améliorer encore , car toute oeuvre humaine est perfectible. C'est vraiment le tout premier numéro et c'est un numéro qui a été réalisé par une équipe réduite, une équipe qui était sollicitée par toutes sortes de petits problèmes. Mais je crois qu'on va améliorer. Moi même j'ai découvert un certain nombre de choses qui seront améliorées dans le futur. Nous même nous avons déjà fait une séance d'autocritique. Nous sommes en train de recueillir un certain nombre d'avis, auprès des gens qui me disent ce qu'ils pensent de notre journal et ça c'est très important : il faut tenir compte de ça. ça veut dire que au moins ils ont lu, ça veut dire qu'on a au moins atteint notre cible qui est le public; donc, je vous remercie de nous dire qu'il y a des choses à améliorer, ça je suis tout à fait d'accord avec vous.

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