Cathy Yogo
18 Novembre 2003
Des spécialistes conviés par les épouses des Rotariens pour discuter entre autres de l'andropause.
Qu'arrive-t-il à une femme de 40 ou 50 ans qui sent des troubles de l'humeur, des modifications du caractère et une baisse de la libido ? Elle entre probablement en ménopause. L'homme éprouve lui aussi quelque chose de semblable. C'est l'andropause, la "ménopause au masculin". Ces changements profonds, les hommes les vivent en solitaire, en silence, bien qu'étant nombreux à les éprouver. Voilà qui explique la tenue vendredi dernier au Club House de Yaoundé, d'une conférence de presse sur la ménopause et l'andropause, organisée par International Inner wheel (organisation mondiale regroupant les épouses des Rotariens). La rencontre a été animée par les docteurs Fouda et Sinou Tchana, respectivement urologue et gynécologue-obstétricien à l'hôpital central de Yaoundé. À mesure que les hommes prennent de l'âge (40 ans et plus), ils peuvent connaître une expérience semblable à la ménopause féminine, appelée l'andropause.
À la différence des femmes, les hommes n'ont pas de points de repère évidents, comme la cessation des menstruations pour la gent féminine. Toutefois, la ménopause et l'andropause se caractérisent par une baisse des concentrations d'hormones : l'oestrogène, chez la femme, et la testostérone, chez l'homme. Chez ces derniers, les transformations de l'organisme se produisent progressivement et elles peuvent s'accompagner de changements au niveau des attitudes, de l'humeur, de la fatigue, de l'énergie, du désir sexuel et de l'endurance physique. " Même après vingt ans de mariage, mon mari me désirait toujours. Il y avait une harmonie sexuelle entre nous. Mais après, c'est à peine qu'il ne me giflait pas la nuit, lorsque je le touchais. Et quand j'insistais, il avait du mal à se mettre en érection. J'ai tout de suite conclu que je ne lui plaisais plus. Et voilà qu'après une émission télévisée sur "la santé des hommes", il m'a tout avoué et je l'ai convaincu d'aller voir un spécialiste ", explique Michelle. A.
Testostérone
Selon les spécialistes, l'andropause se définit comme un ensemble de symptômes cliniques de vieillissement, apparaissant en principe autour de la cinquantaine, associés à une baisse significative du niveau des androgènes (hormones mâles) plasmatiques, le tout additionné de troubles sexuels. Par manque de données fiables, il est difficile de savoir combien de personnes en sont réellement victimes au Cameroun. Toutefois, selon les statistiques de l'Oms, environ 20% des hommes au-dessus de 60 ans présentent des niveaux de testostérone subnormaux comparés à ceux des femmes. Il est important de rappeler que la testostérone diminue au fil des années ; cette hormone mâle est utile pour maintenir la fonction sexuelle et aide aussi les fonctions du foie et surrénales. De plus, les études démontrent que cette baisse de la testostérone peut, en fait, faire augmenter le risque d'autres problèmes de santé, tels que les maladies cardiaques et la fragilité des os. Comme tout ceci se passe à un moment où beaucoup d'hommes remettent en question leurs valeurs, leurs réalisations et la direction générale de leur vie, il est souvent difficile de comprendre que ces changements ne sont pas liés qu'à des circonstances externes.
Contrairement à la ménopause, qui se produit généralement entre le milieu de la quarantaine et le milieu de la cinquantaine, la transition vécue par l'homme peut être beaucoup plus progressive et s'étendre sur plusieurs décennies. Plusieurs facteurs peuvent jouer un rôle dans son déclenchement : les attitudes, le stress, l'alcool, un accident ou une intervention chirurgicale, des médicaments, l'obésité et les infections. Bien que la baisse des concentrations de testostérone se produise essentiellement chez tous les hommes à mesure qu'ils vieillissent, il n'y a aucun moyen de prédire qui connaîtra des symptômes d'andropause assez graves pour nécessiter une aide médicale. Il n'est pas, non plus, possible de prévoir à quel âge les symptômes se manifesteront chez un individu donné. " Les symptômes peuvent aussi se manifester différemment d'un homme à l'autre. Tous les hommes ne souffrent pas d'andropause, contrairement à la ménopause qui touche la totalité des femmes. On peut difficilement préciser la portion d'hommes atteints, tant les chiffres varient d'une étude à l'autre. Les estimations vont de 20 à 50 % des hommes", explique le spécialiste.
Après une évaluation biologique et psychologique, si le diagnostic d'andropause est posé, la discussion porte sur le remplacement de la testostérone. Plusieurs formules sont sur le marché, en formes injectables et/ou en comprimés. Certaines formes pourraient avoir des effets négatifs sur le foie. De plus, des recherches sont en cours pour mettre au point un timbre cutané de testostérone. La fonction prostatique et le risque de cancer doivent être suivis et évalués tout au long d'un traitement. Les changements psychologiques et sexuels peuvent également survenir après trois mois de prise hormonale. Il est donc important de faire assurer un suivi régulier par le médecin.
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