Moussa Ouyougoute
19 Novembre 2003
Une collection où tous les domaines du savoir y étaient représentés. De l'Andalousie à l'extrême Orient, du IXème au XXème siècle, la diversité des auteurs est un bon indicateur de l'étendue des connaissances qui étaient alors à la disposition des érudits. En plus des disciplines classiques (algèbre, héritage, astronomie, tefsir, fiqh, hadith) la bibliothèque comprend des ouvrages divers (divination, copies du Coran, pratique de la correspondance, confection de manuscrits )
Le centre culturel islamique Ihadaden de Béjaïa a abrité dans la soirée de dimanche dernier une exposition et une communication sur les manuscrits et le savoir disponibles en Kabylie au X1Xème siècle : cas de la bibliothèque de cheikh Lmuhub Ulahbib. La communication, présentée par M. Mechehad Djameleddine, documentaliste-codiologue, avait pour objet de mettre en avant les particularités de la collection de manuscrits Ulahbib découverte à Tala Uzrar, dans la région de Beni Ouertilane, sud-est de la Kabylie. Elle a pour objet, également, l'énumération par les témoignages sur les mouvements de manuscrits ayant abouti à la reconstitution de cette bibliothèque, et telle qu'elle a existé au milieu du XIXème siècle après son édification par Lmuhub Ulahbib. Le public, séduit et par la qualité de la rétrospective, de la galerie s'entend, et par l'exposé présenté, a souhaité en savoir davantage sur cheikh Lmuhhub et sur la bibliothèque. Il faut dire aussi que le conférencier a suscité l'intérêt de l'assistance.
Il affirmera : au moment où A. Berbrugger, le président de la société historique algérienne (coloniale) déclarait, le 23 avril 1863, lors de la séance inaugurale de l'assemblée générale de la société affirmait : «Dans ce pays, [ ] sans savants, sans traditions savantes et même sans livres [ ]», il existait en fait au fin fond de la Kabylie une bibliothèque fonctionnelle de manuscrits arabes et berbères de plus de 800 titres. Et que beaucoup, parmi cette immense collection pour un petit village isolé, Tala Uzrar, étaient considérés par les orientalistes de l'époque comme «excessivement rares», «très précieux» ou «seul exemplaire». L'orateur dira en outre : une collection où tous les domaines du savoir étaient représentés. De l'Andalousie à l'Extrême-Orient, du IXème au XXème siècle, la diversité des auteurs est un bon indicateur de l'étendue des connaissances qui étaient alors à la disposition des érudits. En particulier, a-t-il indiqué avec insistance, les écrits des auteurs de Kabylie permettent d'avoir une idée du niveau du milieu intellectuel de la région.
En plus des disciplines classiques (algèbre, héritage, astronomie, tefsir, fiqh, hadith) la bibliothèque comprend des ouvrages divers (divination, copies du Coran, pratique de la correspondance, confection de manuscrits )Il y a plus de 150 ans, le jeune Lmuhub Ulahbib revient dans son village natal, Tala Uzrar, après des années d'études à la prestigieuse timeammert de cheikh Ahadad de Seddouk et en Grande Kabylie, pour y perpétuer l'action de ses ancêtres et y constituer l'un des fonds documentaires les plus importants du Maghreb. La bibliothèque de cheikh Lmuhub sera malheureusement incendiée en 1957 par le pouvoir colonial. Parqué dans un camp, son héritier Lmahdi demanda à sa bru de sauver ses livres. Le conférencier, lui-même descendant du vénéré cheikh, a poursuivi en confirmant que Zehita transporta alors les manuscrits restants sur son dos et alla ensuite les enterrer.«Mes ouvrages [ ] rédigés, copiés ou achetés [ ] doivent servir à ceux qui possèdent des connaissances et ceux qui recherchent le savoir», écrivait cheikh Lmuhub en 1852. «J'interdis tout ajout ou rature !» a-t-il mis en garde.
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