Didier Kéï
18 Novembre 2003
Ils portent les germes de leur propre destruction. J'ai pris des gens que je ne connais pas et qui sont originaires d'autres régions du pays. Mais tout ceci finira un jour. Il n'y a pas de définitif sur cette terre. Ils veulent semer le bordel.
Et nous allons foutre le bordel ensemble dans ce pays !". Contenant difficilement sa colère, M. Youssouf Soumahoro qui dit ne pas faire de commentaires sur le décret qui donne les attributions au ministère de l'Enseignement supérieur pour l'organisation du BTS ne comprend pas que les chefs d'établissement s'insurgent contre ses arrêtés ministériels. "La prise d'un arrêté relève de mes prérogatives. Je peux le prendre dans ma chambre ou partout où le besoin se fera sentir. Même si je ne siège pas aux conseils des ministres", s'est-il défendu. Avant d'ajouter que les arrêtés ne seront pas repris tant qu'il sera ministre de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Pour lui, les chefs d'établissements qu'il a relevés de leurs fonctions ont commis, selon lui, des malversations financières et une mauvaise gestion administrative.
M. Youssouf Soumahoro a montré à la presse un document attestant l'audit qu'il a fait diligenter par l'inspecteur général Gbato. Tout en incitant les autres organes de presse à s'élever contre ce qu'il appelle les dérives d'un groupe de loubards (faisant allusion aux jeunes patriotes). Le rebelle-ministre Youssouf Soumahoro s'en est pris aussi à "Notre Voie" qu'il accuse d'avoir écrit des contre-vérités sur l'affaire de la nomination d'un mort à l'enseignement technique. " Comme on m'avait dit qu'il y avait des fuites à mon cabinet, j'ai fait appel à une secrétaire dans mon bureau. Et je lui ai dit de mettre le nom de Pasonté Palé que je savais décédé sur la liste de nomination. Puis après elle est sortie. Et j'ai mis le nom de M. Gnamien Akoiblin sur l'arrêté à son insu. C'est une méthode de la GESTAPO que j'ai utilisée. Quand j'ai vu que j'ai nommé un mort dans "Notre Voie", j'ai tout compris. J'ai piégé la secrétaire ", s'est-il justifié. Mais le rebelle-ministre a refusé de répondre lorsque deux arrêtés qu'il a signés lui ont été présentés (l'un concernant Pasonté Palé et l'autre Gnamien AKoiblin). " On sait que dans ce pays, il y a des contre-façons, beaucoup de faux. En tout cas moi, je n'ai signé qu'un document. Et d'ailleurs je sens qu'on vous a envoyé ici pour semer la zizanie !", s'est-il contenté de dire sans convaincre.
Pour M. Youssouf Soumahoro qui s'offusque du fait que le ministre Zémogo Fofana ne puisse pas lui céder l'organisation du BTS, les chefs d'établissement qui contestent l'audit peuvent porter plainte et qu'il entend diriger son ministère comme il l'entend. "Je suis le seul ministre de l'Enseignement technique à avoir fait mobiliser des fonds à l'UNESCO, à l'Union européenne et à bien organiser son département jusqu'à ce jour. A part le ministre Ange François Battesti", a-t-il soutenu. Avant de réfuter l'accusation selon laquelle il veut retarder le début de l'année scolaire dans les établissements relevant de son ministère au motif qu'il veut valider les cours en zones rebelles. "D'ici, une mission d'évaluation se rendra dans ces zones et les concours y seront organisés pour les élèves. Suivie peu après de leurs inscriptions. Je pense qu'en décembre si les choses vont bien, la rentrée peut avoir lieu. Sinon j'ai fixé cette rentrée au 5 janvier 2004 pour tout le monde", a-t-il indiqué. Mais auparavant, il a dit que le début des inscriptions dans les établissements sous sa tutelle étaient déjà programmées depuis lundi dernier.
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