Bacary Dabo
19 Novembre 2003
Le programme spécial de relance de la production du maïs initié par le Chef de l'État a posé pas mal de difficultés dans sa mise en oeuvre. Les producteurs de Tambacounda et du Kolda qui se sont réjouis des résultats obtenus n'ont pas manqué de brandir la question de la commercialisation de leur production et d'avertir sur l'arrivée tardive et la qualité des semences de cycle long.
L'Ancar a, dans ce même programme, également fait part des difficultés rencontrées pouvant rendre vaines ses nombreuses interventions dans le domaine du conseil rural.
Leur faible implication sur la distribution des semences, le choix des producteurs et opérateurs, ont été montrés du doigt par l'Ancar après son intervention dans le programme spécial initié par le président de la République. " L'agence a fait face à certains handicaps dans l'accomplissement de sa mission comme la non-implication de ses équipes dans l'élaboration des programmes régionaux de développement agricole et celui national. " La non-prise en compte du statut de société anonyme de l'Ancar, voulu par l'État et ses partenaires et certains exécutifs régionaux dans la coordination et l'administration des acteurs régionaux a été soulevée par l'agence.
Cette structure de conseil a également fait face aux complaintes des paysans qui l'ont pris comme interlocuteur pour afficher leur amertume. C'est ainsi que les producteurs de la région de Kolda précisément dans les localités de Sinthiou Malème, Dabo, Coumambéré, Vélingara Yoba, Wassadou Samasangsang, Djatel ; et ceux de Tambacounda notamment à Barkeyel, Missirah, Madialy, Hamdallaye, ont saisi son Conseil d'administration sur plusieurs problèmes dont la plupart ne relève pas de la compétence de l'agence (pistes de production, installations de forages, financements etc.)
L'équation de la commercialisation
Les producteurs ont relevé plusieurs incohérences lors de la mis en oeuvre du programme maïs. Après une bonne production, ils ont remis sur la table la problématique de la commercialisation. Certains de Tambacounda qui ont déjà commencé la vente du maïs au vert à des prix dérisoires n'ont pas caché leur désarrois face à cette situation. Nombreux d'entre eux ont jeté leur dévolu sur les industriels surtout les aviculteurs pour espérer écouler leur production. Comme l'a affirmé Ousmane Cissokho, président des masses paysannes de Tamba, " tous nos espoirs reposent sur notre partenaire stratégique, la Sédima, qui d'habitude, achète la majeure partie de notre production. " En plus de cette issue, cette organisation sollicite un financement de 15 millions de F Cfa pour lui permettre d'acheter la grande partie de la production et la stocker. Face à ce retard, les paysans de Kolda et Tamba sont attirés par les commerçants Baol-Baol qui rôdent autour des marchés hebdomadaires, comme celui de Diaobé, à la quête de producteurs prêts à brader leur maïs.
Pour apporter une solution à cet épineux problème de commercialisation, le directeur de l'Ancar, Daouda Fall annonce un début de partenariat entre sa structure et le crédit mutuel " pour financer les organisations de producteurs et leur permettre de collecter les semences pour pouvoir les commercialiser lors de la prochaine campagne ". Une ligne de crédit évaluée à 60 millions de F Cfa est sur le point d'être mis en place avec un remboursement de 7 mois pour un taux de 10 %. " Elle sera décaissée successivement en fonction de la collecte. " Le crédit agricole offre une gamme de produits correspondant à la collecte, au crédit intrant et semence, à l'équipement de matériels agricoles, sans oublier le crédit soudure.
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