Fraternité Matin (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Enseignement technique

Emmanuel Kouassi

19 Novembre 2003


Abidjan — Depuis quelque temps, le ministre de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Youssouf Soumahoro ne semble pas être en odeur de sainteté avec les parents et les élèves des Etablissements qui relèvent de son ministère.

Ces derniers formulent beaucoup de griefs contre lui. Ils l'accusent d'ouvrir l'école au Nord du pays, de nommer ses parents... et de semer la zizanie. Pour le ministre Youssouf Soumahoro qui a animé une conférence de presse hier à l'Hôtel du Golf ", il n'en est rien. Parlant de la rentrée, véritable sujet de courroux pour les parents d'élèves, il a indiqué que, " bien que fixée au 5 janvier 2004 à cause du report des examens de fin d'année, des concours et orientations dans les classes de seconde, elle peut avoir lieu début décembre ". Si, précise-t-il, les inscriptions se font correctement. Le ministre Youssouf Soumahoro qui notifie que c'est justement pour que cette rentrée ait lieu deux à trois semaines avant la fin de l'année 2003 qu'il a procédé à des nominations des chefs d'établissement. Malheureusement, il y a, déplore-t-il, des groupes qui se développent et empêchent les inscriptions dans certains Etablissements. " Notre souci, c'est de faire en sorte que l'école ne soit pas prise en otage par les politiciens ", dit-il.

Le ministre de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle a, au cours de cette conférence de presse qui a été très longue, signifié que conformément à ses prérogatives, il a pris un arrêté démettant des chefs d'établissement qui se sont rendus coupables de mauvaise gestion et de détournement de deniers publics. Au nombre de ceux-ci, il a cité M. Wossiaho du centre électronique et informatique appliquée, Mme Amichia, directrice du CBCG de Treichville et Mme N'Guessan Lucie du CBCG de Cocody. Et cela, malgré l'intervention, a dit Soumahoro, des ministres FPI de garder leurs frères à leur poste. Selon le rapport d'audit lu par le ministre, l'école que dirige Wossiaho manque d'équipement, la formation initiale a pris le pas sur la formation continue, le rapport de rentrée 2002-2003 n'a été rédigé qu'au mois de mai dernier : " c'est une faute administrative grave qui mérite des sanctions ", a-t-il dit. Avant d'ajouter que l'effectif des élèves est inadapté aux équipements : 40 à 50 élèves par groupe. Plus grave, clame le ministre, il y a plus de six élèves sur un poste de T.P : " l'apprentissage pratique est impossible ", fait-il remarquer. Toute chose qui fait dire au ministre que la formation technique et professionnelle est un enseignement qui est spécifique : " ici, on ne dit pas qu'est-ce que vous avez retenu. Mais plutôt, qu'est-ce que vous savez faire ? ".

Au-delà des lacunes pédagogiques, la gestion de ce responsable est, selon les auditeurs, artisanale, catholique. Il en est de même pour Mmes Amichia du CBCG de Treichville et N'Guessan Lucie du CBCG de Cocody. Chez la première qui est en conflit avec le DAAF sur une affaire de 40 millions qu'elle n'a pas payés, on note trop de filières ouvertes de façon injustifiée. Quant à la deuxième, l'audit parle de 60 vacataires qui dépassent le nombre d'enseignants permanents, du retard dans la confection des bulletins trimestriels.

M. Youssouf Soumahoro précise : " ce rapport me permet de corriger toutes les imperfections au niveau pédagogique... Si ces gens que j'ai démis ont le temps d'aller raconter des choses à la Télévision, c'est parce qu'ils sont soutenus par le Parti au pouvoir.

Dernier aspect traité : le BTS. Pour le ministre Soumahoro, l'Enseignement supérieur n'a aucune compétence pour le BTS. " Depuis quand un brevet a-t-il été un diplôme du supérieur ", s'interroge-t-il.

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