Fraternité Matin (Abidjan)
Paulin N. Zobo
19 Novembre 2003
Abidjan — Les séances d'informations et d'échanges avec la commission des relations extérieures qui ont démarré le 6 novembre sur l'initiative de la conférence des présidents des commissions de l'Assemblée nationale, ont pris fin hier.
Le dernier thème développé lundi et mardi au cours d'un séminaire est la coopération entre l'Union européenne et les pays de l'Afrique, des caraïbes et du pacifique ou plus précisément " l'accord de Cotonou ". Si la séance de lundi à l'Assemblée était ouverte à tous les parlementaires, la dernière qui a eu pour cadre l'Hôtel Ibis Plateau a réuni un public varié comprenant des députés membres de la commission des relations extérieures; Des conseillers économiques et sociaux; Des juristes (avocats et notaires). Au nombre des intervenants, à l'ouverture de la séance du mardi, figurent l'ancien ministre, Conseiller spécial du Président de la République, M. Guy Alain Gauze, expert en la matière, puis l'ancien ministre de l'Agriculture et député de 1995 à 1999, M. Denis Bra Kanon, président du Conseil d'Administration de la Mutuelle Agricole de Côte d'Ivoire (MACI)
Ce dernier devait partager son expérience d'ancien président de la commission ACP-UE de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire.
Dans son "discours inaugural sur l'accord de Cotonou", SEM GUY Alain Gauze a retracé le parcours du partenariat Europe-Afrique. Institué au lendemain du traité de Rome (27 mars 1957) regroupant 6 pays de la Communauté économique européenne (CEE), ce partenariat est passé par plusieurs étapes : 20 juillet 1963 convention de Yaoundé I, suivie en 1963 de Yaoundé II entre la CEE et 18 Etats africains. En 1973 la grande Bretagne rejoint la CEE et ses anciennes colonies intègrent les ACP. En 1975, la CEE avec 9 Etats sera face aux 46 pays ACP, dans le cadre des accords de Lomé. Aujourd'hui ce sont 15 Etats de l'UE (bientôt 25) qui coopèrent avec 78 pays du groupe Afrique-Caraïbes et pacifique. Depuis le début jusqu'aux quatre accords de Lomé, le fonds européen de développement (FED) a été institué pour financer le développement des pays ACP.
En dépit des résultats mitigés de cette coopération, l'ambassadeur Guy Alain Gauze n'a pas manqué de relever l'esprit et le contexte de sa naissance : "Union initiale Euro-Africaine du traité de Rome fondée sur la philosophie de solidarité et de l'aide".
Cependant ayant constaté que l'aide n'a pas apporté le développement espéré dans les pays ACP, les partenaires ont décidé de réviser la nature de leur coopération, d'où l'accord de Cotonou de 2000. Pour le conférencier "Cotonou est un pacte de gouvernance politique, économique et sociale".
Il le qualifie de véritable innovation car il pose les conditions du développement endogène. "C'est au prix de la paix, a-t-il dit, de la sécurité, de la stabilité politique, des principes démocratiques, de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance à l'intérieur de leur frontière nationale et chez le voisin".
Par ailleurs, l'accord de Cotonou ouvre le champ des acteurs à la société civile (Assemblée nationale, ONG, Collectivités locales, secteur privé) en plus de l'Etat. Il privilégie enfin "l'avantage concurrentiel en lieu et place de l'avantage comparatif" contrairement à Lomé. En d'autres termes, les pays de l'UE et des ACP se considèrent égaux même s'ils n'ont pas le même niveau de développement, aussi considère-t-il l'accord comme un "dessein réalité" à l'égard duquel il a marqué son optimisme.
Toutefois, il souhaite que la société civile (ONG) ne soit pas à la solde des partis politiques ni d'intérêts divers au risque de bloquer l'exécution des programmes et projets, faute de consensus.
Quant à l'ancien ministre Denis Bra Kanon, il a fait état des nombreuses difficultés rencontrées en tant que membre de la Commission ACP-U.E.
Les députés étaient victimes du complexe d'infériorité devant leurs collègues européens, vu le déficit de formation, d'information, d'équipement, de documentation. Ce qui ne les a cependant pas empêchés, lui et ses collègues, de poser quelques actes majeurs en participant à certaines négociations.
Comme suggestions, il a exhorté les parlementaires à disposer d'une salle spécialisée et équipée en matériel NTIC, à s'offrir des assistants techniques, un parc automobile pour les missions de sensibilisation et d'informations des populations rurales et urbaines.
L'amélioration des relations avec les délégations de l'UE à Abidjan et les parlementaires européens.
Toutefois, la priorité reste aujourd'hui, selon lui, l'élaboration d'une véritable stratégie de paix pour sauver le pays.
Mme Ago Marthe, première vice-présidente de l'Assemblée nationale, a présidé le séminaire. Elle s'est réjoui des enseignements tirés.
Notons que la formation a été organisée avec l'aide de la formation Friedrich Ebert représenté par Coulibaly Mawa.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Fraternité Matin. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.