Guillaume Gouges
19 Novembre 2003
Port Louis — "La Commission européenne connaît une véritable expansion. Nous comptons augmenter notre personnel de 30 %", explique Juan Carlos Rey, chef de délégation à Maurice. Intervenant lors d'une conférence de presse, hier, il a annoncé que la Commission compte procéder à un recrutement massif et au lancement de divers projets.
La Commission veut se mettre davantage à l'écoute des besoins des pays de la région et particulièrement de Maurice. D'où le recrutement massif qui lui permettra de traiter plus rapidement les demandes d'aides et de coopération.
En ce qui concerne les projets, la Commission s'attaque à la pêche illégale. Elle procédera jeudi au lancement du Vessel Monitoring System. Au coût de 3,5 milliards d'euros, ce programme-pilote permettra de suivre les bateaux de pêche via satellite. "Tous les bateaux de pêche de plus de 24 mètres de long devront être équipés de ce système", a déclaré Juan Carlos Rey.
A Rodrigues, un groupe de cinq planteurs a été envoyé en Espagne dans le cadre d'une mission d'échange et de formation. "Cette initiative vise à former les planteurs de Rodrigues pour qu'ils puissent trouver des solutions au problème d'érosion auquel Rodrigues est confrontée", explique Juan Carlos Rey.
Néanmoins, d'autres projets tel le programme d'aide pour les petites et moyennes entreprises n'ont pas eu le succès escompté. "Nous avons du arrêter ce projet car il n'avançait pas à la vitesse prévue", déplore le chef de délégation.
En outre, une conférence du comité technique et social est prévue du 24 au 26 novembre à l'hôtel Hilton. Il s'agit de la sixième édition du "Regional Seminar of the ACP-EU Economic and Social Interest Groups". Poul Nielson, le commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire, sera pour sa part de passage à Maurice le 26 novembre avant de se rendre à Madagascar.
Grâce aux accords préférentiels de l'Union européenne (UE), le secteur sucrier a grandement contribué au développement de Maurice. D'autres secteurs tels que le textile et le tourisme ont également pu se diversifier.
Pour la période 1975-2000, les compensations payées par l'UE pour le sucre mauricien ont atteint 3,5 milliards d'euros. En effet, dans le cadre du Protocole sucre, Maurice jouit, depuis 1975, d'un accès préférentiel pour le sucre sur le marché européen, avec un quota de 491 000 tonnes annuellement. Un quota supplémentaire de 65 000 tonnes a été octroyé selon l'accord pour les sucres spéciaux.
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