Alphonse Ateba Noa
19 Novembre 2003
analyse
L'évènement du Mondial Afrique, cette semaine d'échanges commerciaux entre les Petites et moyennes entreprises/industries (Pme/Pmi) qui réunit à Yaoundé et Douala du 22 au 30 novembre prochain 500 entrepreneurs d'Afrique et d'Amérique...
L'évènement du Mondial Afrique, cette semaine d'échanges commerciaux entre les Petites et moyennes entreprises/industries (Pme/Pmi) qui réunit à Yaoundé et Douala du 22 au 30 novembre prochain 500 entrepreneurs d'Afrique et d'Amérique, est un véritable ballon d'essaie pour la Pme/Pmi camerounaise. Une occasion trop belle qui va permettre à notre pays de mieux apprécier le potentiel économique de sa petite entreprise, dont on sait pour le moment quelle est, avec la très, petite entreprise, le maillon le plus important de l'entreprenariat national, aussi bien pour ce qui est de, la production des richesses que de la création d'emplois. Mais aussi un galop d'essai qui va permettre aux Pme/Pmi camerounaises de mesurer leur force de négociation face à 250 autres entreprises de la même taille venues des autres pays d'Afrique et d'Amérique pour venir sceller sur le sol camerounais des partenariats d'affaires, et leurs capacités d'ouverture et d'intégration à une économie mondialisée avec de fortes exigences en matière de gestion, de rentabilité et de rationalisation qualitative et quantitative de la production.
Rendu à la veille de cet évènement, tout semble plutôt indiquer que nos Pme/Pmi pourraient réussir cet essai, du moins si on s'en tient à la tendance des chiffres en provenance du Forum Ontario Francophonie mondiale (Fofm), l'organisateur du Mondial Afrique. Selon ces chiffres en effet, sur les 500 entreprises attendues à Yaoundé et Douala fin novembre courant, près de 250 Pme/Pmi camerounaises, sur plus 600 demandes d'inscriptions reçues, ont été sélectionnées pour participer au rendez-vous sur la base de critères rigoureux, dit-on, tels que la taille de l'entreprise, sa capacité de production, son espérance de vie, son potentiel de jumelage, etc. Au jour d'aujourd'hui, plus de 160 des entreprises sélectionnées ont déjà confirmé leur participation par des souscriptions effectives. Sept domaines d'activités, allant du primaire au tertiaire, sont représentés, et les candidats, semble-t-il, continuent à se bousculer aux portes du Fofm.
Mais le défi de la participation peut-il à lui tout seul traduire le niveau de vitalité, de dynamisme, et c'est le fin mot, de performance de la Pme camerounaise ? C'est vrai que dans le cadre des compétitions sportives de par le monde, on a coutume d'entendre des équipes ou des pays se féliciter dune simple participation. Mais nous ne sommes pas dans le sport ici où certains aspects comme le fair-play la bonne tenue sur les stades ou le résultat sur l'une des étapes de la compétition sont suffisants pour porter une bonne mention à la participation d'un athlète. Nous sommes en affaires, où seule la fin justifie les moyens. Dans le cas d'espèce, la fin, c'est le nombre de partenariats que les Pme/Pmi camerounaises auront conclus pour le développement de leurs affaires et de l'économie camerounaise au lendemain du 30 novembre 2003.
Pourtant, pour que cette moisson soit abondante, il faut bien plus que le nombre de participants. D'où la justification des appréhensions qu'il est légitime d'avoir au stade actuel de ce processus, quand on connaît le mode de fonctionnement de nos Pme/Pmi, souvent symptomatique, d'un état pathologique chronique : utilisation dune main d'oeuvre familiale, non qualifiée, mal rémunérée et par conséquent non motivée; absence de comptabilité claire, surface financière limitée, outil et normes de production non conformes, etc.
Des défaillances internes auxquelles il faut ajouter l'aridité de l'environnement économique national : désintérêt des établissements de financement pour les entreprises de cette taille, qui n'offrent pas de garanties de remboursement tangibles, pingrerie d'un Etat qui n'offre décidément pas beaucoup de facilités (commerciales, fiscales, institutionnelles et autres) pour accompagner le développement des Pme, environnement technique et technologique peu propice au développement des affaires (routes, communications, transports, infrastructures d'accueil et d'encadrement, etc.).
Autant dire que le ballon d'essai attendu pour être une balle de match reste encore sujet à caution. Mais, ne dit-on pas, et cela nous l'importons une fois encore au monde du sport, qu'impossible n'est pas camerounais ?
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