Alassane Karama
20 Novembre 2003
Le 17 novembre 2003 s'est ouvert au Centre de surveillance pluripathologique (MDSC) de l'OMS Afrique la troisième session de formation du programme de renforcement des laboratoires. Prévu pour durer cinq jours, l'atelier de Ouagadougou va permettre aux épidémiologistes et aux laborantins de coordonner leurs efforts en vue de venir à bout des épidémies.
Pour une bonne surveillance des maladies, il faut non seulement une vigilance des services épidémiologiques, mais aussi et surtout une performance des laboratoires. C'est dans ce contexte que se situe la tenue de l'atelier de Ouagadougou. Des participants venus de cinq (5) pays d'Afrique, notamment les Comores, la Centrafrique, le Congo Brazzaville, la république démocratique du Congo, le Cap vert, et de Lyon (France) devront mettre en place des stratégies pour renforcer les capacités des laboratoires nationaux en matière de diagnostic des maladies à potentiel épidemique. Le Burkina Faso est présent comme observateur. De façon générale, a relevé le Dr Diego Buriot, directeur du bureau CSR/Lyon, les laboratoires sont délaissés au profit des structures en charge des épidémies. Pour preuve, a-t-il poursuivi, des politiques sont menées à travers le monde en faveur de la baisse du coût des médicaments et rien n'est fait pour le coût des réactifs, affectant le fonctionnement des laboratoires.
Or selon lui, une synergie d'actions s'avère nécessaire entre les laboratoires et les services épidémiologiques en vue d'une lutte efficace contre les épidémies. Abondant dans le même sens, le représentant de l'OMS au Burkina a affirmé que l'épidémiologie sans les laboratoires est aveugle . Ainsi pour le présent atelier, des épidémiologistes et des laborantins vont harmoniser leurs expériences dans l'optique de développer un bon système intégré de surveillance épidémiologique. Ce systhème selon le directeur de la division de la lutte contre les maladies transmissibles (DDC/AFRO), le Dr Antoine Kaboré, offre la possibilité d'assurer la détection précoce des épidémies, de les maîtriser et de constituer une base de données pour la planification, l'allocation et la mobilisation des ressources. Par ailleurs, le Dr Diego Buriot a souligné qu'en matière de santé la formation est indispensable mais largement insuffisante;. Il a estimé que les personnes formées ne peuvent servir d'une manière efficace que si elles travaillent dans un contexte sociopolitique stable. C'est dans ce sens qu'il a lancé un appel aux autorités politiques des différents pays participants, à faire davantage preuve d'engagement dans la lutte contre les épidémies. Le Dr Jean-Gabriel Ouango secrétaire général du ministère de la Santé, a salué la tenue de cet atelier au Burkina Faso qui malheureusement est souvent soumis à des épidémies surtout ces dernières années avec le méningocope W 135. La cérémonie d'ouverture s'est achevée avec la visite du Centre de surveillance pluripathologique (MDSC).
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