Fraternité Matin (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Les médecins non enseignants grognent

Ernest Aka Simon

20 Novembre 2003


Abidjan — Un projet de loi relatif au statut particulier du médecin voté dans les trois semaines à venir. C'est notre condition pour aller là où le devoir nous appelle ". Dr Gabriel Faye Essetchi, gynécologue-obstétricien, secrétaire général du Syndicat des médecins pharmaciens et chirurgiens dentistes non enseignants de Côte d'Ivoire (SYMEPHADENE-CI) a tenu ces propos, mardi, à l'Institut national de la Santé publique, à Adjamé.

A la clé de l'exigence de ces médecins, la grille salariale de leur corporation, jugée discriminatoire, et leur profil de carrière. Selon le Dr Gabriel Faye, certains médecins non enseignants, généralistes, font une spécialisation dans des filières. Un changement de carrière, en somme. Mais qui ne se traduit pas en terme financier. En effet, bien que spécialistes, ceux-ci continuent de percevoir leur salaire de médecins généralistes. " Une injustice " que le SYMEPHADENE-CI souhaiterait voir corrigée.

Autre volet des griefs portés contre le gouvernement par le Dr Gabriel Faye et ses camarades, les conditions de redéploiement.

Le SYMEPHADENE-CI, réuni en assemblée extraordinaire le 3 octobre à Grand-Bassam, a tracé les grandes lignes de sa version du redéploiement. Celles-ci stipulent la sécurisation des zones à réintégrer, le versement à chaque médecin concerné d'une prime de réinstallation de 5 millions de f cfa. Et, pendant vingt quatre mois, une rallonge salariale de 100 mille f cfa.

Mais, surprise dans les rangs du syndicat. " Le gouvernement n'a pas pris en compte nos conditions ", fait remarquer le Dr Gabriel Faye. Qui s'empresse d'ajouter : " Il a même standardisé les conditions de redéploiement, pour ne pas faire deux poids, deux mesures ". Et le secrétaire général du SYMEPHADENE-CI de révéler : " l'Etat a proposé un million de francs pour la prime de réinstallation et 500 mille f cfa à verser sur le salaire pendant douze mois ".

D'où la grogne des médecins pharmaciens et chirurgiens dentistes non enseignants, membres du SYMEPHADENE-CI. Le jeudi 13 novembre, ils l'ont exprimé à Albert Mabri Toikeusse, ministre de la Santé. Qui, selon le syndicat, lui a demandé une trêve. Le temps d'examiner, avec bienveillance, ses revendications.

Conscients de la situation budgétaire du gouvernement, le Dr Gabriel Faye et les syndiqués espèrent que " l'Etat leur reconnaisse un droit ". Dans l'attente de jours meilleurs.

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