Fraternité Matin (Abidjan)
Correspondant Régional (koffi KouamÉ)
20 Novembre 2003
Abidjan — L'on assiste, ces temps-ci, à une floraison de fabricants de cercueils, à Yamoussoukro.
Cela est dû à la reconversion des menuisiers et ébénistes, Qui s'intéressent tous désormais à l'industrie mortuaire. Ce phénomène s'accroît si bien que dans les quartiers tel l'habitat, l'on trouve dans chaque atelier, même les plus petits familièrement appelés "deux tôles", au moins un apprenti en train de raboter ou parachever un cercueil. Sous le regard vigilant de son patron. Ce, au grand dam des sociétés de pompes funèbres légalement constituées. A savoir l'ivosep , " pompes funèbres des lacs ", " anvouè ", " ahama ", " afoube-nou " et autres.Deux groupes de fabricants se distinguent cependant. Il y a le groupe des Ghanéens qui confectionnent uniquement que des cercueils, et celui des menuisiers devenus fabricants des cercueils. Ces derniers évoquent plusieurs raisons qui justifient leur reconversion. " Actuellement avec la situation qui prévaut,les meubles ne s'achètent plus comme auparavant. J'ai donc décidé de diversifier mes productions avec les cercueils, " affirme M. KOFFI NESTOR. " C'est plus facile. Il n'y a pas de crédit. Nous retirons facilement ce que nous avons investi. Alors que s'agissant des meubles, le client peut faire des mois avant de vous régler, " révèle M.Essilfie Mensah. Un Ghanéen exerçant depuis 1980 comme menuisier et qui depuis 2003 fabrique des cercueils.
C'est le cas aussi de M. N'dri Kouamé Sébastien. Mécanicien de son état, il vient d'ouvrir son atelier dénommé " yako service ".Ce qui est frappant chez ces artisans, c'est que tous ont de l' imagination. Chacun s'efforce à produire des oeuvres splendides aux noms souvent fantaisistes. Ainsi chez M.Essilfie Mensah, on trouve les " Arche de Noé ", " Grand Père " et " royal David " qui s'acquièrent respectivement à 180,200et 100 mille francs. Chez N'dri Sébastien, l'on peut avoir des " valises "à 180000 francs, " cellulaire " et " basilique " à 250000 francs. Chez un autre Ghanéen de la place, on a des " boston américain " et " lit picot " qui s'obtiennent presque aux mêmes prix. Il existe également une autre variété classique, appelée " tête plate ". Elle est la plus prisée parce que moins chère. Elle coûte entre 30 et 40000 francs.
Cependant, cette floraison de fabriques de cercueils n'est pas du goût des services de pompes funèbres privées, légalement constituées. Parce que les demandeurs préfèrent se diriger vers les Ghanéens et les menuisiers particuliers. Pour les bas prix pratiqués par ceux-ci. Alors que, soutiennent les responsables de ces services, " ce sont des cercueils de qualité inférieure. Ces particuliers pratiquent des tarifs intéressants pour diverses raisons. Ils n'utilisent pas des matériaux de qualité et leurs œuvres ne durent pas. Ils ne paient pas d'impôts et ne sont soumis à aucune charge comme nous autres. Donc ils peuvent les livrer à n'importe quel prix, " argumente M. Konan Elysé , gérant de "pompes funèbres des lacs ". Ne devient pas fabricant de cercueils qui veut ", explique M. N'dri Sébastien. " En principe, le fabricant de cercueils doit remplir certaines formalités puis payer les impôts, " indique t-il.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Fraternité Matin. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.