United States Department of State (Washington, DC)
Par Charles Corey et Bruce Greenberg rédacteurs du "Washington File"
20 Novembre 2003
Washington, DC — Le commerce, c'est ce qui propulsera l'Afrique dans le XXIe siècle", a affirmé le 19 novembre M. Stephen Hayes, président du Corporate Council on Africa (CCA), dans son discours prononcé à l'occasion de l'ouverture du deuxième Forum sur le pétrole et le gaz en Afrique, ajoutant que l'avenir du secteur énergétique africain était "très prometteur".
"C'est, en premier lieu, le commerce qui permettra d'atténuer la pauvreté en Afrique", a-t-il déclaré devant un auditoire composé de représentants des principales sociétés pétrolières américaines et de 14 pays africains rassemblés à l'hôtel Wyndham Greenspoint de Houston.
"C'est le secteur privé qui crée des emplois de la façon la plus efficace, et c'est l'emploi qui donne aux familles la sécurité, la stabilité et la confiance", a-t-il fait remarquer, ajoutant que c'est grâce à l'emploi, à la croissance économique et à la bonne gestion des affaires gouvernementales que les individus et les familles peuvent jouir de libertés et avoir des choix. Et c'est sur le commerce que reposent ces trois éléments indispensables au bon fonctionnement de toute économie et de toute société.
"Les énormes investissements que certaines des sociétés ici représentées ont faits en Afrique aident les Africains à sortir de la pauvreté et à obtenir des emplois et de meilleurs débouchés", a-t-il déclaré, ajoutant que la possibilité d'attirer davantage d'investissements offre aux gouvernements de bonnes raisons d'améliorer leur politique macroéconomique, de réduire les rangs des fonctionnaires et d'accroître la transparence - autant d'éléments essentiels si l'on veut garantir le bon fonctionnement d'une économie reposant sur le secteur privé et génératrice de croissance économique et de développement.
Abordant le sujet du pétrole et du gaz, M. Hayes a rappelé à son auditoire que "l'énergie transférée entre les territoires, rivières et côtes d'Afrique bénéficiait autant aux Africains qu'aux Américains". A l'heure actuelle, 15 % des importations américaines de pétrole proviennent d'Afrique et M. Hayes prévoit que ce chiffre atteindra 25 % dans un avenir proche, une augmentation imputable selon lui à la production dans le golfe de Guinée où les ressources en gaz et en pétrole sont plus importantes qu'on ne l'imaginait.
Etant donné que les besoins énergétiques du monde ne risquent guère de diminuer, a souligné M. Hayes, "les vastes réserves d'Afrique vont se révéler de plus en plus critiques pour nous tous". Il est d'avis que l'ère d'instabilité tire à sa fin en Afrique, ce qui rend la conduite des affaires sur ce continent moins risquée. Cette évolution de la situation est bon signe aussi bien pour les sociétés pétrolières que pour les autres investisseurs.
Le CCA, a indiqué M. Hayes, espère que cette conférence annuelle sur l'énergie africaine deviendra primordiale pour mettre en valeur les liens entre les secteurs énergétiques américain et africain. "La conférence met en contact des hommes d'affaires et des responsables gouvernementaux américains et africains", a-t-il souligné, précisant que des ateliers sont organisés afin d'informer les sociétés américaines et de les préparer à s'implanter en afrique.
Il compte aussi que cette conférence donnera des résultats tangibles aussi bien pour les Américains que pour les Africains sous la forme de nouveaux partenariats, de partenariats renouvelés, d'investissements accrus, d'augmentation des échanges, et de meilleurs débouchés commerciaux.
Les participants à la conférence, a garanti M. Hayes, peuvent compter sur l'aide du CCA pour le suivi des marchés conclus durant celle-ci.
"C'est pour cela que nous sommes là", a-t-il dit.
Précisant que durant les quatre dernières années, le nombre des sociétés membres du CCA était passé de 86 à 186, il a prédit que ce chiffre atteindrait 200 d'ici la fin de l'année. "Notre budget a été multiplié par sept au cours des quatre dernières années ; le personnel du CCA a triplé et sa mission continue de croître", a-t-il ajouté.
Cinq priorités régissent les activités du CCA, a souligné M. Hayes :
- Il s'emploie à aider le secteur privé à saisir les avantages conférés par la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) et les autres lois commerciales. (Le CCA, à la demande du président Bush, organisera en décembre une conférence sur l'AGOA au profit du secteur privé et les informations qui y seront fournies permettront aux hommes d'affaires africains et américains de tirer le meilleur parti possible de cette loi.)
- Il s'efforce d'accroître les investissements et les flux de capitaux privés en Afrique.
- Il continue à encourager les partenariats qui permettent aux hommes d'affaires de travailler dans les secteurs qui les intéressent, ce qui entraîne des avantages pour leurs entreprises et pour le continent africain. (En Afrique du Sud, par exemple, dans le cadre d'un tel partenariat géré en collaboration avec l'USAID, des entreprises sud-africaines travaillant presque exclusivement avec les Etats-Unis ont signé pour 380 millions de dollars de marchés.)
- Grâce à un don de la fondation Bill et Melinda Gates, le CCA aide des entreprises implantées en Afrique à mettre sur pied une politique efficace en matière de lutte contre le VIH/sida. Le CCA a aussi établi la Coalition pour l'aide à la lutte contre le sida en Afrique qui a notamment oeuvré pour l'adoption du programme du président Bush d'aide d'urgence à la lutte contre le VIH/sida, principalement en Afrique, portant sur 15 milliards de dollars.
- Il multiplie ses programmes à l'étranger. "Nous estimons que la clé de l'avenir économique de l'Afrique se trouve surtout, mais pas exclusivement, dans les communautés économiques de l'Afrique, telles que le COMESA (Common Market of East and Southern Africa, Marché commun de l'Afrique orientale et australe), la SACU (Southern African Customs Union, Union douanière de l'Afrique australe), la SADC (Southern African Development Community, Communauté de développement de l'Afrique australe) et la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest).
Le Corporate Council on Africa, a expliqué M. Hayes, est la première organisation à associer du personnel américain à ces institutions afin d'améliorer les liens commerciaux entre les Etats-Unis et l'Afrique.
Le COMESA accorde une telle confiance au CCA, a-t-il fait remarquer, que celui-ci est son représentant à Washington.
Après M. Hayes, MM. Kenneth Evans, vice-président pour l'exploration en Afrique d'Exxon-Mobil, et David Lafiaji, secrétaire exécutif de l'Association des producteurs africains de pétrole se sont adressés aux participants à la conférence.
La première journée du Forum du CCA, qui durera trois jours, s'est conclue par une réception après la conduite d'ateliers portant sur les activités énergétiques au Sénégal et en République démocratique du Congo.
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