Jean-Denis Permal
21 Novembre 2003
Port Louis — Les travailleurs de Pointe-aux-Sables étaient inactifs depuis mercredi, l'un d'eux accusant une supérieure de l'avoir giflé. La direction parlait de manigance et de fiction.
Le sit-in des ouvriers indiens de l'usine Ere Lingerie, située à Pointe-aux-Sables, n'aura duré que deux jours. Une quarantaine d'employés refusaient de reprendre le travail pour protester contre l'attitude d'une contremaîtresse qui aurait giflé un des leurs. La direction a rencontré hier soir les représentants du personnel et le problème semble avoir été réglé.
Hier matin, les ouvriers demandent à la direction de prendre des sanctions immédiates contre l'employée incriminée, faute de quoi ils ne reprendront pas le travail. Depuis, mercredi, les ouvriers indiens ont choisi de rester dans leur dortoir en signe de solidarité avec le machiniste Sankar Dass. Ce dernier, qui a consigné une déposition à la police, affirme qu'il a reçu une gifle après s'être plaint de la baisse du boni de productivité.
La direction de l'entreprise ne croit pas à cette version et pense que le machiniste, dont le contrat arrive à terme, a tout manigancé. C'est ce qu'affirme Denis Rivet, directeur d'Ere Lingerie. "Je tiens à dire qu'il n'y a jamais eu d'agression sur Sankar Dass. C'est une simulation. Il est aidé dans sa tâche par quelques agitateurs."
Denis Rivet est certain que cette histoire a été inventée pour nuire à l'entreprise. "Mon entreprise ne peut pas être l'otage d'un type qui mine ses relations industrielles. Je lui ai dit qu'il faut qu'il fasse carrière au cinéma " La direction réfute donc les allégations de Sankar Dass dans une déposition faite au poste de la Tour-Koenig.
Les ouvriers indiens de Pointe-aux-Sables n'étaient pas les seuls à cesser de travailler mercredi. Une quinzaine de travailleurs affectés à l'unité de Curepipe ont fait de même par solidarité. Mais après les explications données par Denis Rivet, ils ont repris le travail hier-matin.
Scepticisme
Des inspecteurs du ministère du Travail et des relations industrielles se sont rendus sur place mercredi. Ils ont enquêté sur les conditions de travail et d'hébergement des ouvriers indiens, qui touchent entre Rs 6 000 et Rs 7 000 par mois. Ces derniers ne se sont d'ailleurs pas plaints.
Interrogé, hier, le ministre du Travail et des relations industrielles, Showkutally Soodhun, souligne qu'il n'a pas été établi jusqu'ici que l'ouvrier a été agressé. "Ce qui me rend sceptique, c'est que le Supervisor en question est une femme. Je vois mal une personne de faible corpulence gifler un ouvrier."
Ere Lingerie Ltée, qui emploie 375 ouvriers, a récemment repris les activités d'Elie Enterprise Ltée. Spécialisée dans la confection de pantalons, de shorts et de jupes, l'entreprise exporte principalement vers les Etats-Unis pour une prestigieuse marque américaine.
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