Chokri Gharbi
21 Novembre 2003
- Xe Plan : objectif, 10 agendas locaux par an.
- Eviter la dégradation des ressources grâce à un projet dont le coût est de 784.000 dinars
La préservation d'un environnement sain commence au niveau local. Dans chaque ville, les habitants sont appelés, en effet, à éviter de polluer l'environnement en sortant les ordures, par exemple, aux heures de passage des bennes, en jetant les déchets dans les poubelles installées à cet effet - même si beaucoup de quartiers manquent de ces poubelles alors que d'autres sont endommagés par les vandales et non remplacées - en évitant l'utilisation abusive des sachets et des emballages en plastique
La Tunisie, qui applique les recommandations de l'Agenda 21 national - issu des agendas onusien et méditerranéen - a certes parcouru un long chemin au niveau de la préservation de l'environnement local, surtout que des décisions présidentielles ont été prises en vue de mettre au point un réseau «des villes durables» en généralisant l'agenda 21 local dans toutes les villes.
Celles-ci sont au nombre de neuf et concernent Monastir, Kasserine, Kairouan, Sakiet Eddayer, Hammam-Lif, Aïn Draham, La Marsa, Sousse et Boumhel-Bassatine.
Le processus de mise en place de l'Agenda 21 local a été lancé dans d'autres villes avec la participation de certains partenaires étrangers comme la Belgique et la Suède.
Amélioration du cadre de vie
C'est quoi au juste un agenda 21?
Il s'agit tout simplement des dispositions préventives ou curatives à prendre pour améliorer le cadre de vie des habitants sans pour autant porter préjudice aux ressources naturelles. Les espaces verts, le boisement et l'embellissement des villes constituent des actions positives entrant dans le cadre du développement durable qui concilie la dynamique socioéconomique et la préservation d'un environnement sain.
De toute façon, un guide sur l'élaboration de l'Agenda 21 local sera distribué à tous les groupements d'habitations, les gouvernorats et les conseils régionaux. Des communes seront en outre soutenues pour qu'elles interviennent dans le cadre de ce processus qui favorise en fin de compte le développement durable. C'est que certaines petites communes, malgré la volonté des autorités, ne sont toujours pas en mesure de répondre comme il se doit aux exigences de l'Agenda 21, par manque de moyens matériels et même humains.
En plus de l'acquisition d'une unité pédagogique (avec matériel informatique et de projection), on compte axer les interventions également sur la formation des formateurs dans le domaine du développement durable à généraliser dans toutes les villes tunisiennes, à la faveur de sessions de formation bien ciblées. Les communes sont donc appelées à exécuter des interventions prioritaires dans le cadre de leurs plans environnementaux.
La coopération bilatérale sera mise à profit pour réaliser les agendas 21 locaux qui seront généralisés au cours du Xe Plan, soit 10 agendas par an.
Mais là où le bât blesse, c'est quand les activités agricoles industrielles et touristiques - qui ont été renforcées au cours des dernières années - se font aux dépens de l'écosystème, y compris des espaces forestiers et de parcours. D'où les dispositions prises à cet effet pour atténuer un tant soit peu la dégradation des ressources naturelles. On peut citer, à titre d'exemple, le projet d'amélioration des conditions de vie des habitants autour des parcs nationaux. Entrant dans le cadre du plan d'action relatif à la biodiversité, ce projet dont le coût total est d'environ 784.000 dinars (200.000 dollars US en tant que don du PNUD), a atteint un stade d'exécution important.
Ainsi, des sessions de formation en gestion de base des projets sont organisées au profit de 150 habitants, choisis compte tenu des résultats d'une étude préliminaire élaborée à cet effet.
Les domaines de formation sont l'apiculture, l'engraissage des moutons, l'élevage des lapins, des poulets, l'exploitation du bois Jusqu'à août 2003, quelque 120 familles ont été assistées dans la réalisation de leurs micro-projets et l'opération va se poursuivre jusqu'à la fin de l'année en cours. Le but étant de trouver une équation entre les besoins du développement et la préservation de l'équilibre de l'écosystème, tout en créant une dynamique économique locale à travers de petits projets au profit des habitants et la promotion du tourisme écologique.
Grâce à ces projets qui consacrent l'approche participative, les habitants sont plus intéressés par la préservation de ces richesses végétales, florales et animales. Il y va de leur avenir et celui de leurs enfants.
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