Mame Aly KONTE
22 Novembre 2003
Dans le bruit des grues et des gros camions, qui font l'éternel aller et retour d'un lieu à un autre du port de Dakar, le Sénégal qui a fini la collecte de ses produits dangereux collectés à Toubakouta, Richard-Toll, à la Direction pour la protection des végétaux (Dpv) et dans d'autres localités du pays.
En toute chose, il faut une première. Hier, à l'occasion d'une cérémonie qui a eu lieu au Môle 8 du port autonome de Dakar, sous la tutelle du ministre de l'Environnement et de l'Assainissement, Modou Diagne Fada, entouré des techniciens de son ministère, le Sénégal a sans doute entrepris l'opération la plus ambitieuse qui a été tenté depuis qu'on essaie de lutter efficacement contre les déchets dangereux. Produits dangereux, produits, quasiment impossibles de détruire au Sénégal, les pesticides et autres insecticides qui prennent aujourd'hui la direction du port allemand de Hambourg vont subir un traitement qui devrait permettre, selon Ousmane Sow, de la Direction de l'Environnement et des établissements classés, de les incinérer autour d'une température située de 1800 degrés.
Pour les autorités sénégalaises, une telle initiative ne serait pas possible sans l'appui de la coopération hollandaise, qui a permis de sélectionner à l'issue d'un appel d'offres, une société allemande Sava, spécialisée dans le traitement des déchets et pesticides. Dans l'opération en cours, celle-ci s'est associée à une société française, de traitement des déchets dangereux (Tredi) pour mener le convoi en direction de l'Allemagne.
Dans le cadre de ce projet qui regroupe les trois pays que sont la Mauritanie, le Cap-vert et le Sénégal, l'option est d'arriver à transférer vers ce port, l'ensemble des déchets toxiques et dangereux qui ont été déposés par les différents programmes de lutte contre les parasites dans le cadre de l'Oclalav (la lutte anti-aviaire), la protection des végétaux entre autres. Il s'agit ainsi au niveau des trois pays, de combiner une campagne d'enlèvement complète des pesticides obsolètes avec des opérations de collecte immédiate, de reconditionnement et de nettoyage des sites.
Depuis la sécheresse des années 1970, le Sénégal a importé ou reçu d'énormes quantités de produits en tout genre, réputés comme dangereux comme le dieldrine et la parathyrine. Et depuis l'éradication en partie de ce fléau, aucune grande initiative n'est venue alerter les populations sur les dangers réels de ces produits dont certains ont été utilisés à forte dose chaque fois que les tiges de coton ont été attaquées par les parasites et autres insectes. Il y a moins d'une semaine, deux enfants sont morts à Vélingara après avoir absorbé un liquide toxique dont le nom n'a pas été révélé.
A travers cette initiative, il s'agit pour le gouvernement, de donner l'exemple et d'entamer un inventaire des stocks de pesticides connus au Sénégal conformément au format de la Fonds des Nations pour l'alimentation et l'agriculture (Fao), d'exporter des pesticides obsolètes en Europe pour incinération.
Aujourd'hui, la vision des autorités est d'aller vers la mise sur pied d'un centre d'information toxicologique, depuis la création au cours de l'année d'un centre anti-poison. Le cadre des conventions de Rotterdam, Stockholm, Bâle ont offert au Sénégal, le moyen de lutter efficacement contre la propagation des déchets toxiques.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Sud Quotidien. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.