Xavier Moroni (STAGIAIRE)
22 Novembre 2003
La Galerie Nationale d'Art accueille, depuis le 17 novembre, une exposition ayant pour thème l'île de Gorée. Elle prendra fin le 30 novembre. Sur une idée du directeur de l'Agence de Promotion et d'Action culturelle, Ziyad Omaïs, cet évènement réunit six artistes peintres, Marie-Thérèse Barro, Birame Seck, Mouhamadou Dia, Papa Mballo Kébé, Ousmane Sow et Sima qui se sont lancés dans l'aventure pour revisiter ce lieu plein de mystères.
Lors de notre visite sur les lieux de l'exposition, deux des artistes étaient présents, Marie-Thérèse Barro et Mouhamadou Dia. Ce dernier s'est beaucoup investi dans ce projet. En effet, sur les 54 oeuvres que compte l'exposition, 14 sont de lui. Lorsqu'on l'interroge sur les raisons qui l'ont poussé à participer à cette manifestation, l'ancien élève de l'Ecole des Beaux-Arts de Dakar insiste sur l'importance de Gorée dans sa carrière d'artiste et en tant que patrimoine national et universel, patrimoine qu'il veut transposer vers d'autres horizons à travers ses peintures. Puis, il nous dit très sérieusement qu'il souhaite justement « amener Gorée jusqu'aux esquimaux » ! Dans ses oeuvres faites à la peinture à l'huile, il a voulu retranscrire l'aspect naturel de Gorée, sa lumière, mais aussi son histoire. C'est pourquoi il a peint la maison des Esclaves.
Ainsi dans « La Porte du Voyage sans retour », l'une se ses plus belles oeuvres, ce thème étant d'ailleurs abordé par plusieurs artistes invités pour l'occasion. C'est justement le cas de Marie-Thérèse Barro, que nous avons rencontrée. Dans son travail sur Gorée, elle revendique une peinture narrative, plus allusive que réelle, dans la mesure où elle veut laisser un message de paix, de sérénité et de mémoire. Lorsqu'elle peint la maison des esclaves, elle utilise des tons de terre pour retranscrire la dureté des lieux. En outre, comme d'autres artistes, certaines de ses oeuvres représentent ces belles signares qui font elles-mêmes partie de l'histoire de Gorée. Mais au-delà de ces différents aspects, ses oeuvres visent enfin à retransmettre le « mystère » de Gorée. Quant à Ziyad Omaïs, le directeur de l'Apac, il nous a confié que ce thème de Gorée lui était très cher et qu'il avait voulu l'aborder sous trois angles : l'histoire, la mémoire et le site en lui-même, plein de charme et de caractère. En conclusion, il nous a parlé des portraits de signares, posant, selon lui, la question du métissage, question qui lui tenait particulièrement à coeur, car se définissant lui-même comme un métis culturel. Quoi de plus logique pour un sénégalais d'origine libanaise et de culture française ?
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