Fraternité Matin (Abidjan)
Moussa TourÉ
24 Novembre 2003
Abidjan — L'introduction des espèces exotiques de poissons dans nos eaux ne se fera plus au hasard et par n'importe qui.
L'Association ivoirienne des sciences organiques (AISA) a décidé que ce fait soit désormais soumis à l'appréciation d'un comité interministériel. De plus, elle suggère l'établissement de la carte de distribution actuelle des espèces déjà introduites en Côte d'Ivoire. Surtout la carpe chinoise, dont les chercheurs préconisent la concentration du stock existant dans les structures nationales de recherche, l'arrêt de la vulgarisation, la suspension de toutes activités sur ce poisson... En outre, que toute autre introduction d'espèces étrangères fasse l'objet d'une étude d'impact environnemental.
Que tous travaux de recherche sur des espèces de poissons exotiques soient désormais préalablement agréés par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, etc. Toutes ces décisions et suggestions ont été présentées le mercredi 19 novembre à Mme la ministre de l'Environnement, au siège de l'AISA. Elles représentent les conclusions d'un important séminaire tenu en novembre 2001, sur les dangers écologiques et sanitaire liés à l'introduction des espèces exotiques de poissons dans les eaux ivoiriennes. Dangers déjà identifiés dans d'autres pays africains et qui ont pour noms : destruction de la biodiversité aquatique, donc déséquilibre de l'écosystème en ce lieu, propagation de maladies dont les espèces étrangères de poisson sont porteuses etc. Le président de l'AISA a révélé que 430 introductions ont été déjà faites dans les eaux africaines depuis 1920 dont une infirme quantité en Côte d'Ivoire pour des raisons économiques : accroissement de la quantité de poissons et des apports en protéine, variation de l'espèce... Mais précise M. Gué Bamba, " le succès économique escompté a été très limité ".
Tout en recevant les conclusions des travaux de l'AISA, Mme Angèle Gnonsoa a souligné l'urgence des dispositions à prendre pour la mise en place " des différents textes d'application de l'arsenal juridique existant en vue d'une meilleure protection des ressources aquatiques ". La ministre de l'Environnement estime aussi qu'un " mécanisme de coordination interministériel, associant chercheurs et développeurs, doit être instauré pour le contrôle et l'introduction des poissons en Côte d'Ivoire ". Tout comme l'on devra instaurer, soutient Mme Gnonsoa, " une veille écologique pour le suivi permanent des milieux aquatiques en vue de leur utilisation durable, pour la satisfaction des besoins des générations actuelles et futures ".
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