Fraternité Matin (Abidjan)
Envoyé Spécial (remi Coulibaly)
24 Novembre 2003
Abidjan — Les agences humanitaires et de développement du système des Nations unies ont procédé à Guiglo, mercredi dernier, à l'appel consolidé de 59.812.624 dollars U.S, soit environ 34 milliards de francs CFA, pour faire face aux besoins de plus d'un million de personnes affectées par la guerre en Côte d'Ivoire.
Ce processus d'appel consolidé pour l'année 2004 (CAP 2004), contrairement aux deux précédents qui visaient à s'attaquer aux besoins primaires des populations vulnérables, envisage une stabilisation graduelle de la carte humanitaire en Côte d'Ivoire même, mais aussi au Mali, au Burkina Faso et au Ghana.
C'est à juste titre que Mme Clotilde Ohouochi, ministre de la Solidarité, de la Sécurité sociale et des Handicapés, représentant le Premier ministre au lancement du CAP 2004, a relevé " l'émergence de nouveaux groupes vulnérables à soulager, que sont les diverses victimes de guerre ". Et plaidé pour une mobilisation prompte des fonds auprès des bailleurs pour appuyer le gouvernement dans sa politique humanitaire, " dont la cellule solidarité et actions humanitaires est le levier depuis le 30 septembre 2002 ".
Agréant la pertinence multisectorielle de l'appel consolidé, Mme Ohouochi a espéré qu'il pourra " favoriser le retour des déplacés chez eux, le pays une fois réunifié après le désarmement ".
En effet, du fait du départ de l'administration publique, les traumatismes exacerbés par l'effondrement du système sanitaire et éducatif au Nord, au Centre et à l'Ouest du pays, sont encore indélébiles. C'est pourquoi, M. Aboulaye Mar Dièye (représentant-coordinateur du système des Nations unies en Côte d'Ivoire dira: " Le choix de la ville de Guiglo est un symbole fort ". Exprimant en cela l'adéquation sur le terrain entre l'action humanitaire et le redéploiement de l'Administration.
Les porte-parole des populations déplacées, autochtones et allogènes, réfugiés, les responsables politiques et communautaires du Moyen Cavally, ont dressé un tableau contrasté de la situation où la résurgence des tensions apparaît comme un camouflet à tous les efforts humanitaires. La FAO, l'OIM, OCHA, le PNUD, l'Unesco, le FNUAP, l'UNHCR, l'Unicef, le PAM, l'OMS et la Minuci ont défini les besoins dans les secteurs suivants: agriculture, coordination et appui, relance économique et infrastructures, éducation, alimentation, santé, protection et droits de l'homme et Etat de droit, sécurité, eau et assainissement.
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