United States Department of State (Washington, DC)
Par Bruce Greenberg et Charles Corey, rédacteurs du "Washington File"
25 Novembre 2003
Washington, DC — Selon Mme Holly Vineyard, directrice du Bureau des affaires africaines au ministère du commerce des Etats-Unis, les petites entreprises américaines, et notamment celles qui appartiennent à des minorités, peuvent jouer un rôle important en investissant dans le domaine énergétique de l'Afrique subsaharienne. Cependant, elles doivent bien étudier leur marché potentiel avant de se lancer, a-t-elle ajouté.
A cet égard, le ministère du commerce peut apporter son aide, notamment en vérifiant la légitimité d'éventuels partenaires africains. Mais par-dessus tout, elle conseille : "Puisez dans les ressources de l'ambassade des Etats-Unis de votre pays cible."
Mme Vineyard a tenu ces propos lors du Forum sur le pétrole et le gaz en Afrique qu'a organisé le Corporate Council on Africa (CCA) à Houston (Texas) du 19 au 21 novembre, à l'occasion d'une table ronde consacrée aux débouchés qu'offre l'Afrique aux petites entreprises.
Participaient à cette discussion divers représentants d'associations nationales d'entreprises dirigées par des minorités dans le secteur énergétique et le président-directeur général d'une compagnie pétrolière afro-américaine implantée au Nigeria. La discussion portait sur la difficulté de faire sa place sur un marché international de l'énergie dominé par les mégalithes que sont ExxonMobil, ChevronTexaco et ConocoPhillips.
(Les petites entreprises américaines dirigées par des minorités ont des revenus annuels inférieurs à 40 millions de dollars.)
Robert Hill est le président de l'American Association of Blacks in Energy (AABE), une association sans but lucratif qui défend les intérêts des Afro-Américains et autres minorités au niveau de la politique énergétique des Etats-Unis, des réglementations et autres dossiers techniques et écologiques. Cette association, a précisé M.
Hill, a créé un institut sur la politique énergétique afin d'aider les pays africains à développer leur secteur de l'énergie. L'AABE a également fondé un institut de formation, largement financé par un don du ministère de l'énergie, afin d'aider à établir les capacités des pays africains dans le domaine énergétique et de créer des emplois pour les travailleurs américains appartenant à des minorités.
"En ce siècle nouveau, l'Afrique est partie intégrante des projets de développement des Etats-Unis dans les domaines du pétrole et du gaz", a déclaré M. Hill. "Nos besoins dans ce domaine vont augmenter de 25 % d'ici à 2015, et nous entrevoyons des débouchés pour les petites entreprises dirigées par des minorités, à condition qu'elles s'unissent et sachent profiter de l'aide du gouvernement fédéral."
"Nous agissons comme intermédiaire entre les petites entreprises américaines et les exploitants africains", a expliqué M. Hill. Il a déjà reçu plusieurs demandes de recherche de partenaires pour investir dans la construction d'un oléoduc en mer profonde, l'exploration des eaux territoriales de Sao Tomé, l'achat d'une raffinerie de pétrole et la construction d'une centrale électrique à énergie solaire en Gambie.
"Ce ne sont là que quelques exemples de petites entreprises qui voient grand. Tous ces projets coûtent des centaines de millions de dollars, et nous avons accès à divers dons, prêts et autres appuis afin de réaliser ces affaires."
Un autre participant à la discussion, M. Jerry Curry, président-directeur général de Victoria International et du National Council of Minorities in Energy (NCME), a souligné que si les petites entreprises dirigées par des minorités avaient obtenu un certain succès dans le secteur national de l'énergie, elles n'avaient pas encore réussi à percer au niveau international. "Le NCME vise à faciliter ce processus, parce qu'une politique nationale avisée garantissant l'accès à ces sources d'énergie doit prévoir une plus grande participation des minorités ainsi que des entreprises et des organisations commerciales africaines."
En tant que dirigeant d'Osyka Corporation, une société appartenant entièrement à des Afro-Américains, Michael Harness est très impliqué dans ce processus. Sa société a réussi à produire du pétrole et du gaz au Texas, en Louisiane et dans le Mississippi, essentiellement en exploitant des champs pétrolifères dits marginaux que les grandes multinationales négligent souvent.
"Depuis cinq ans, nous étudions des partenariats d'exploitation avec le Nigeria, le Sénégal, le Gabon et la Tunisie. La tendance à la privatisation dans ces pays a créé des débouchés uniques pour de petites entreprises américaines sur les marchés africains, parce qu'il leur est plus facile que les grandes sociétés de profiter immédiatement des faibles coûts d'exploitation et des rendements élevés des investissements."
M. Harness a ensuite évoqué les difficultés que rencontrait son entreprise en Afrique, notamment au niveau de la transparence et de l'établissement de partenariats fiables. "Malgré tout, il est plus facile qu'on le pense de s'impliquer dans des projets en Afrique, même pour une petite entreprise comme la nôtre."
"Le réel obstacle se situe au niveau de l'obtention de capitaux suffisants. Lorsque vous avez affaire au marché international, ce qui est le cas en Afrique, il est plus difficile de trouver des banques américaines. Au Nigeria, par exemple, la seule banque d'investissement est la Citibank. Les possibilités d'investissement au Nigeria impliquent donc pour les petites entreprises des difficultés uniques."
"Au fur et à mesure que les pays africains ouvrent leurs marchés aux petites entreprises, nous allons devoir trouver les moyens de gérer nos ressources plus efficacement. En outre, le gouvernement des Etats-Unis doit commencer à coopérer avec les banques américaines afin de rendre plus viable et plus attirante l'entrée des petites entreprises sur les marchés africains."
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