Alya
26 Novembre 2003
Une petite rue tranquille, dans un jardin touffu, à l'ombre des aqueducs
Le calme environnant est trompeur.
A l'intérieur, une véritable ruche.
Dans un cliquetis d'ordinateurs, de sonneries de téléphone, d'appels, et de réponses se réunit, se concentre, s'étudie et s'analyse tout ce qui concerne la femme arabe.
Le projet est ambitieux. C'est celui que s'est donné, depuis quelques années, Cawtar, le Centre de la femme arabe pour la formation et la recherche.
En connexion directe avec tout le monde arabe - mais aussi avec l'autre - Cawtar est une institution arabe à statut international et à caractère indépendant, qui a une mission double : réaliser des études, des recherches, des rapports scientifiques sur les femmes arabes, puis procéder à un travail de dissémination et d'information. En un mot, «Faire et faire-savoir» pourrait être sa devise.
Cela, bien sûr, n'étant pas innocent.
Car Cawtar se veut un centre de référence pour la région arabe, qui permettrait aux différents gouvernements d'intégrer davantage l'approche «genre» dans leur politique.
Il se veut également un centre d'information qui travaille à sensibiliser les décideurs et les planificateurs à faire participer davantage les femmes à la prise de décision.
Vaste tâche, qui pourrait sembler oeuvre de titan ou plutôt de titane. Or, les Titanes, on ne le sait pas encore, sont invincibles parce qu'elles jouent sur la durée. Et Cawtar, qui travaille dans la discrétion et la persévérance, a décidé d'aborder les problèmes un à un, de surmonter les obstacles tour à tour et de se donner des objectifs à atteindre successivement.
Pour ce faire, Cawtar s'est d'abord positionné : dans le monde où le centre travaille en partenariat et en collaboration avec les gouvernements, les ONG, les centres de recherche et de documentation, ainsi qu'avec les organisations de l'ONU, et les différentes institutions régionales et internationales.
Dans le monde arabe par la suite, où il a, depuis quelques années, gagné la confiance des institutions spécialisées ou non.
La preuve la plus tangible de cette reconnaissance étant l'accroissement des demandes de service issues de ministères, de bibliothèques, d'experts
«Le fait d'être basé en Tunisie et de bénéficier d'institutions performantes nous a beaucoup aidé, et nous a crédité d'un savoir-faire», explique Soukeïna Bouraoui, qui préside aux destinées du centre depuis plus de trois ans.
«Nous sommes d'ailleurs en train d'identifier et de renforcer la reconnaissance d'une niche d'expertise et de savoir-faire».
En l'an 2000, Cawtar avait pris de nombreuses bonnes résolutions : lancer des réseaux regroupant les centres de recherche et de documentation s'intéressant à la femme arabe.
- Développer les bases de données Cawtar et mettre en place une unité de documentation spécialisée.
- Engager sur un horizon de cinq années quatre grandes études sur de grands thèmes fédérateurs.
Elle a tenu ses promesses et ses projets ont été, pour la plus grande part, réalisés.
Et ce n'est, d'ailleurs, qu'à l'occasion de la présentation d'un de ces rapports d'études que Cawtar accepte de sortir de son jardin laborieux pour présenter au public - et à nous journalistes - le fruit d'un long travail.
La première étude engagée, «Mondialisation et genre : participation économique de la femme arabe», avait été présentée en l'an 2001.
La deuxième, «Adolescentes arabes : situation et perspectives», vient d'être achevée et présentée.
Les deux suivantes, «Femmes et législation» et «Femmes et médias», sont déjà engagées.
Quant aux autres actions qu'elle engage, aux recherches et aux travaux qu'elle poursuit, Cawtar a choisi deux moyens pour informer et s'ouvrir au monde.
Cawtaryat, news letter trimestrielle, distribuée à travers le réseau, bien perçue et bien suivie.
Et surtout, ce dont Soukeïna Bouraoui est la plus fière : @ nged, le réseau arabe pour le genre et le développement qui compte, aujourd'hui, près de 250 membres, institutions ou personnes.
«C'est l'instrument le plus spécifique, celui qui nous permet d'avoir une approche participative avec le monde arabe qui nous permet d'impliquer les autres pays».
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