Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Du 25 novembre au 10 décembre, le RAF en campagne contre les violences faites à la femme

Guy-Marin Kamandji

26 Novembre 2003


Kinshasa — En synergie avec les Ongs, associations confessionneles, Réseau et plates-formes, le Réseau Action Femme (RAF) organise la 8ème édition nationale de la campagne mondiale de la lutte contre les violences faites à la femme.

La ministre de la Condition Féminine, Mme Faida, a lancé hier ladite campagne à la salle polyvalente du Collège Boboto. Appuyées par le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme et l'Association pour le Bien-être Familmial (ABEF), les organisatrices ont soutenu que la campagne a été simultanément lancée à Kisangani, Bukavu et Kikwit.

Tous les intervenants ont encouragé et félictyé le RAF pour avoir initié cette campagne. La représentante de la ministre des Droits Humains a dénoncé les violences traditionnlles et spécifiques contre les femmes , avant d'en brosser leurs conséquences. Son souhait est que les femmes et jeunes filles brisent le silence pour dénoncer les violences qu'elles subissent, afin de permettre au pouvoir public de sanctionner leurs auteurs.

Le représentnt du FNUAP a indiqué que l'assistance de ce Fonds se réalise du côté de la prise en charge physique, psycho-sociale et économique des femmes victimes de ces violences. Il a réitéré, tout comme le représentant du Bureau du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme des Nations Unies, l'engagement de cette agnence à accompagner le Gouvernement et les Ongs congolaises dans la lutte contre les violences faites à la femme. Le dernier cité a déploré les maigres moyens mis à la disposition des Ongs pour faire face aux conséquences de ces violences. Il a ainsi souligné la pertinence du Projet de prise en charge des victimes d'agression sexuelle. Pour lui, cette 8ème édition de la campagne devra consister à mobiliser les énergies disponibles et le moyens pour soulager les victimes, et surtout lutter contre l'impunité qui accompagne ces violences.

La Coordinatrice Adjointe du RAF, Mme Joséphine NGALULA Kabeya, a déclaré que l'objectif principal de la campagne en cours est de dénoncer ce fléau desviolencessexuelles faites aux femmes et aux enfants, ainsi que leurs conséquences désastreuses sur leur santé, afin de les éliminer définitivement. Elle a rappelé que la campagne mondiale de lutte contre les violences faite sà la femme tire ses origines en Amérique. En fait, les femmes de l'Amérique du Nord et du Sud ont manifeté leur revolte contre différents abus à leur égard. C'est le cas surtout de l'assassinat de 12 Ingénieurs femmes qui fêtaient leurs diplômes, ainsi que l'assassinat des soeurs Trujulios en Amérique latine pour avoir envendiqué leurs droits, seulement parce qu'elles étaient femmes. Les femmes ont alors décidé defaire entendre leur voix chaque année du 25 n,ovembre au 10 décembre. A l'échelle mondiale, les femmes sont àla 15èmeédition dont le thème retenu est "Violence et santé". Le thme spécifique pour la RDC est "Violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants".

Mme Ngalula a rappelé que les violences faites à la femme sont de plusieurs ordres: politique, économique, social, culturelle, juridique et domestique ou familial. Elles sont perpétyrées en temps de paix et de guerre. Après avoir cité la panoplie de ces violences et leurs conséqunces, la Coordinatrice Adjointe du RAF a adressé des recommandations.

Au Gouvernement, le RAF demande notamment de restaurer un Etat de droit, respectueux de sdroits humains, en mettant en application tous les instruments juridiques internationaux ratifiés par la RDC; en se référant à l'article 25 de la Déclaration universelle des Droits del'Homme, le Réseau exigeau Gouvernement d'allouer un budget conséquent pour le secteur de la santé et du social; de prendre en chatrge toutes le svictimes des violences sexuelles; de rétablir l'ordre et la paix sur toute l'étendue du territoire nationale, pour sécuriser les personnes et leurs biens. Il invite aussi le Gouvernement à ratifier sans trop tergiverser la Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égrad des femmes, résolmution 48/104 de l'Assemblée Générale de l'ONU du 20 décembre 1993.

A la communauté internationale, le RAF recommande de prendre et appliquer des mesures coercitives à l'encontre des pays qui se distingiuent par le non respect des droits huamains. Aux organisations de la société civile, le Réseau Action Femme deman,de desensibiliser l'opinion sur les violences faites à la femme, le jeune fille et aux petits garàons, ainsi que leurs conséquences néfastes sur leur santé; de constituer un groupe de pression rt des alliances pour renforcer la lutte contre les violences sexuelles faites à la femme; et de former la personnalité de la femme en lui offrant des opportunités. A la population enfin, le RAF demande de briser le mur du silence et de défier les tabous en dénonçant les violences sexuelles dont sont victimes la femme et l'enfant. La femme doit s'autoformer et former a personnalité par la lecture et d'autrez recherches et connaître ses droits pour mieux les défendre. La campagne se mène sur une vingtaine des sites à Kinshasa, par le cana ldes Ongs partenaires au RAF.

Illustration des violences vecues par les femmes Ces préoccupations ont été si bien ramassées dans la pièce théâtrale que Les Béjarts ont présenté à l'assistance. Elle a prsneté le cas des violences au niveau familial, subies par une femme. Son mari l'obligeait à des rapports sexuels à répétition plusieurs fois par joiur, malgré sagrossesse et les durs travaux menagers. Les supplications de la femme ont provoqué la colère du mari qui s'est mis à la tabasser,au pôint de provoquer une fausse couche. Pendantr ce temps, le mari violent mourra à la suite d'un accident de circulation. Sa famille a accusé la pauvre veuve de sorcière. Mise en reclusion, tabasée, elle a été "héritée" par l'un des frères du défunt, apr!ss'être fait ravir tousles biens laissés par son défiunt époux. Une tentative malheureuse d'un "prophète" qui voulait "la soulager" de ses souffrances serait interceptée par la belle-famille qui criera à l'infidélité. Sanction: la veuve a ét excisée. Le plaidoyer mené par d'autres femmes, décriant cette violence commise à la fois par le père, les frères et les soeurs du défunt, produira ses fruits. La veuve sera conduite à l'hôpital, et les belles-soeurs reconna$itront qu'elles souffreaient alles aussi des conséquencs de ces coutumes (excisions), en prenant l'engament de ne pas plus faire souffrir d'autres femmes. Isolés, les beaux-frères ont cxommencé à envisager la fin de ces violences dont ils étaient les co-auteurs.

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