Guillaume T. Gbato
26 Novembre 2003
"Le président gabonais, Omar Bongo Ondimba, a conseillé mardi à Libreville au chef des rebelles ivoiriens, Guillaume Soro, un retour des rebelles au sein du gouvernement de réconciliation nationale", pouvait-on lire dans la plupart des comptes-rendus publiés par les agences de presse et les médias internationaux au terme de la dernière rencontre entre le chef de l'Etat gabonais Omar Bongo et le patron local de la rébellion Soro Kigbafori Guillaume.
Avant le président Bongo, le chef de l'Etat ghanéen, par ailleurs président en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), avait eu la même réponse face à la nouvelle trouvaille des rebelles qui demandent, depuis quelque temps, une nouvelle rencontre à laquelle l'ONU, l'Union africaine et l'Union européenne seraient associées pour, dit-il, contraindre le président Laurent Gbagbo à appliquer les accords de Marcoussis. Cette proposition, pour le moins incongrue, a rencontré partout où le rebelle Soro est passé un mur d'indifférence. Bien au contraire, les interlocuteurs du chef du MPCI lui ont demandé de réintégrer le gouvernement pour que le pays soit réunifié, l'administration soit déployée sur l'ensemble du territoire.
Le tout ayant été précédé du désarmement des rebelles. Comme prévu par les fameux accords de Marcoussis, dont les rebelles réclament l'application. L'échec est tellement cuisant que le discours est aujourd'hui brouillé. Parce qu'en vérité, la rébellion s'est finalement rendue compte que, même avec l'application de Marcoussis, son objectif ne sera jamais atteint. En effet, Soro et ses frères de crime, qui ont naïvement cru qu'avec le soutien de la France ils seraient parvenus à décapiter le régime ivoirien, ont perdu leurs illusions. Devant la détermination des ivoiriens à défendre leur pays et les institutions qu'ils se sont librement données, mais surtout devant le génie politique du président Laurent Gbagbo, Marcoussis est devenu un bourbier pour ses géniteurs. Ni les rebelles, ni leurs commanditaires ne sont plus sûrs de quoi que ce soit. C'est pourquoi, malgré la volonté du chef de l'Etat de faire adopter les fameux textes pour lesquels ils disent avoir pris les armes, eux parlent d'autre chose.
En fait, la désillusion est grande. Et les rebelles eux-mêmes ne veulent plus de Marcoussis. Parce que appliquer Marcoussis, aujourd'hui, signifie désarmement. Donc la mort de la rébellion. Or, c'est ce que veulent l'ONU, l'Union européenne, la CEDEAO et même la France.
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