Gomon Edmond
26 Novembre 2003
Mais les jeux ne sont-ils pas pipés ?... Seules les initiatives ivoiro-ivoiriennes pourront nous donner la paix véritable". Tels sont les propos du cardinal Bernard Agré, archevêque d'Abidjan, lors d'une homélie, le samedi 22 novembre 2003, à la place Saint Esprit de Grand-Bassam à l'occasion du pèlerinage provincial organisé par l'archidiocèse d'Abidjan, le diocèse de Yopougon et celui de Bassam.
Ce pèlerinage est le clou de trois jours de méditation, de contemplation, de pénitence et de prière en l'honneur de la Côte d'Ivoire. Les chrétiens sont arrivés nombreux des diocèses sus-cités mais aussi de San-Pedro, Gagnoa et Tiassalé.
Au lieu de la messe, l'effervescence est à son comble. Les cantiques à la gloire de Dieu sont repris en choeur et se succèdent. L'animation est assurée conjointement par les chorales maîtrises de Bassam, Abidjan et Yopougon.
Dans son mot de bienvenue, Monseigneur Paul Dacoury- Tabley, l'évêque de Grand-Bassam donne le sens de la cérémonie : "Notre rassemblement ici à Bassam a pour but de consacrer la Côte d'Ivoire au christ roi de l'Union afin qu'il demeure à jamais notre repos". Pour le prélat, la guerre ivoirienne doit être vécue comme un péché.
Mais il souhaite que chaque pèlerin parte de Bassam avec les grâces et la joie de Jésus. Dans son homélie, le cardinal Bernard Agré dit : "nous venons poser à la face de la nation un triple acte d'amour, de foi et d'espérance. Nous venons exprimer à haute voix à Dieu qu'il est Seigneur". Et de s'adresser aux politiques ivoiriens dans le cadre de la sortie de crise par rapport à l'Accord de Linas -Marcoussis . A l'en croire, les négociations sont privilégiées pour sortir la Côte d'Ivoire de la guerre. "Mais les jeux ne sont-ils pas pipés", s'interroge-t-il.
Pour l'officiant, la seule voie pour retrouver la paix relève de l'initiative des Ivoiriens eux-mêmes. Sa conviction se fonde sur le fait qu'il y a trois classes d'Ivoiriens, à savoir les va-t-en guerre, les agités et les faiseurs de paix. Le cardinal estime que les faiseurs de paix sont majoritaires et que grâce à eux la Côte d'Ivoire peut retrouver la paix. Il ne manque pas d'expliquer que les pèlerinages, les prières éclatées, les jeûnes, etc., contribuent à ramener la paix. L'archevêque d'Abidjan demande à Dieu de libérer ses compatriotes de deux maux qui sont la colère et la peur. L'orateur fustige par ailleurs l'attitude de la France dans la résolution de la crise ivoirienne. "Mais elle nous aide à sa manière", a-t-il dit. Le cardinal pense que la Côte d'Ivoire ne doit pas désespérer car "la puissance est avec Dieu et à l'agneau aujourd'hui pour nous ramener la paix", a-t-il conclu.
Le Nonce Apostolique, Mgr Mario Zénari, pour sa part, demande aux pèlerins de faire fructifier dans leurs coeurs la parole qu'ils ont reçue. Signalons que la ministre Clotilde Ohouochi a participé au pèlerinage ainsi que Mme Aka Anghui, maire de Port Bouet et les autorités administratives et politiques de Bassam et de Bonoua.
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