Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Mausolée Thierno Seydou Nourou Tall : haro sur les journalistes

Ibrahima Khaliloullah Ndiaye

27 Novembre 2003


L'imam Thierno Seydou Tall n'a pas été tendre avec les journalistes après la prière de remerciement au mausolée Seydou Nourou Tall.

En convoquant les écrits saints, apostrophant ainsi les journalistes, l'imam a signifié aux fidèles que la culture du jardin d'une vie privée se heurte, dans notre pays, de plus en plus, au caractère fouineur des journalistes. Rappelant que tous les organes de l'organisme humain se méfient quotidiennement des méfaits de la langue, le guide religieux rappelle que « les anges recueillent tout ce qui sort de la bouche et que l'on sera interrogé sur toutes ses actions le jour du jugement dernier ». Seulement l'imam ne délimite pas la sphère qui sépare la vie privée de la vie publique. Ainsi, pour lui, les « journalistes ne seraient pas étrangers à la dislocation de foyers par les biais des dissensions qu'ils relaient. Pourtant ses dissensions ne peuvent pas manquer dans la vie d'un couple ou d'une famille ». Le conseil suggéré prend toute l'allure d'une mise en garde : « Certes, nul n'est parfait, mais il ne faut pas trop que ceux qui écrivent et parlent à la radio s'appesantissent sur la vie des gens. A partir du moment où l'on penche sur les méfaits des autres, il faudrait surtout songer à ses propres actions ». Une autre leçon de morale servie par l'imam est celle qui consiste à « mettre en exergue les bienfaits des fidèles ».

Particulièrement des défunts. Mieux, il ajoute qu'un « musulman ne doit point dire de mal sur son prochain ». Le caractère informatif du travail des journalistes est superbement ignoré. Le journaliste est cloué au pilori par l'imam. Le ton de l'imam qui a emprunté à l'actualité nationale de ces derniers jours, n'a point occulté la signification de la fête. Remerciements ont été adressés au Seigneur qui a « permis aux fidèles de vivre le mois saint de ramadan qui recèle d'innombrables bienfaits ». « Le mois est béni et contient la nuit des décrets. Les prières surérogatoires sont comme une obligation durant son déroulement. Ceux qui donnent de quoi rompre le jeûne à un fidèle, fut-ce une datte ou de l'eau, s'abreuveront à la source de Kawsar, un fleuve du Paradis», rappelle Thierno Seydou Tall. Tout en priant pour une vie d'autres mois sacrés de ramadan, l'imam ne manque pas de souligner que la fin du ramadan ne s'apparente pas à l'observation d'une pause dans l'adoration divine. « Il faut craindre Dieu jusqu'au terme de son existence et continuer à l'adorer puisqu'il est éternel et son adoration nous incombe », précise Thierno Seydou.

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