Fraternité Matin (Abidjan)
Marie-Adeele Djidje
27 Novembre 2003
Abidjan — Les chrétiens catholiques de la province ecclésiastique qui regroupe les diocèses d'Abidjan de Yopougon et de Grand-Bassam ont intronisé Jésus Roi de la Côte d'Ivoire.
C'était samedi dernier à Grand-Bassam, à la place Saint-Esprit. Ils étaient conduits par le cardinal Bernard Agré, Archevêque d'Abidjan, le Nonce Apostolique Mgr Mario Zénari, les évêques Laurent Mandjo et Dacoury Tabley, et l'ensemble des prêtres des trois diocèses. Les diocèses de, Bouaké, Man Gagnoa, Abengourou, Katiola, Korogho, etc. étaient également représentés.
La messe d'intronisation de Jésus Roi a été précédée par la prière du rosaire que les fidèles ont faite en marchant sur environ 3 km avant d'arriver à la place du Saint-Esprit.
Les prières du cardinal pendant l'homélie était empreintes d'émotion. Jetant un regard sur la population ivoirienne, le cardinal Agré l'a classée en trois catégories : une minorité de va-t-en-guerre bloqués, minorité de retardataires agités. "Ils veulent encore la guerre, ils travaillent encore dans ce sens, en parole et en actes. Définitivement, ils refusent la paix". Le prélat a demandé au Seigneur de changer leur esprit, de désarmer leur cœur pour que leurs mains désarment. A l'opposé, il note une bonne minorité qui veut la paix tout de suite, sans condition... Sans réalisme dans le contexte actuel. Et en troisième lieu s'élargit heureusement, selon lui, le cercle de la majorité qui désire la paix ; elle y met le prix, et le temps.
Pour la paix en Côte d'Ivoire, le cardinal a, au nom de ses fidèles, fait cette promesse : " Dépassant tous nos griefs, fondés ou fictifs devant Dieu et devant les hommes, nous nous engageons à nous assouplir, à expurger, à partir d'aujourd'hui, de notre vocabulaire des mots minés tels que " Ivoirité ", "xénophobie" à cause de leur forte odeur politique." Il estime par ailleurs qu'il serait bon d'évacuer les termes " Dioula " dans le Sud, " Boussouman " dans le Nord. Car la politique manipulatrice a pollué pour longtemps ces vocables. Ils réveillent aujourd'hui la colère et distillent la peur, le refus du rapprochement fraternel. "Ce renoncement verbal est un des prix à payer pour notre paix national".
Pour finir, Mgr Laurent Mandjo a demandé aux fidèles que leur conversion soit dynamique et sincère, et qu'ils puissent tendre la main aux autres.
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