Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Département de Podor : sur les traces de la fraude

Amadou Diagne Niang

27 Novembre 2003


Peut-on combattre la fraude aux frontières ? C'est le difficile pari que la douane n'arrive pas à résoudre. Il y a des villages dans l'île à Morphil qui une fois enclavés par les eaux ne trouvent leur salut (même pour les soins médicaux) qu'en Mauritanie voisine.

Les articles qui marchent le plus sont souvent le sucre et l'huile, vendus moins chers qu'au Sénégal avec 100 à 150 FCfa de différence, car les Mauritaniens une fois dans leur pays ne perdent pas au change.

Sur 5.000 FCfa, il a 7.500 F Cfa en Mauritanie, alors que 1.000 Ouguiyas (5.000 F Cfa) font 1.500 F Cfa, la différence est de taille et facilite le trafic de plus en plus intense sur la police des frontières, la douane et les autorités mauritaniennes pour permettre aux femmes qui font le marché à Podor d'amener un peu de marchandises, de les vendre et faire le marché.

C'est par ce procédé que le sucre et d'autres produits sont tolérés en faible quand ils sont introduits au Sénégal.

Mais le paradoxe, c'est " l'invasion " du marché par des articles mauritaniens, un " deal " existant entre les commerçants des deux rives.

Ce sont des quantités importantes de sucre qui envahissent le marché et des bidons de 20 litres d'huiles tout comme des tonnes de riz t, car le sac de 50 kilogrammes de riz " siam " coûte 50.000 F Cfa en Mauritanie, de quoi inciter plus d'un à s'adonner à ce juteux trafic.

Le sucre à l'image de Richard-Toll est vendu au marché devant tout le monde et les trois quarts des détaillants vendant du sucre mauritanien, " qui est en poudre et qui coûte moins cher. Personne ne peut nous empêcher de l'acheter ", souligne une dame trouvée avec les vendeuses qui ont accepté de se photographier pour la circonstance.

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L'une d'entre elles, lâche : " Le peu que nous avons n'est rien comparé au gros de la livraison qui se fait sous l'ombre. "

Le chef de la brigade de Podor est peu loquace en propos. Il est craint par les fraudeurs qui l'ont surnommé le limier.

Il reconnaît toutefois que les trafiquants sont bien organisés et possèdent des téléphones portables à l'aide desquels ils communiquent.

La brigade ayant peu d'effectifs, leur mouvement est suivi de partout.

Des maisons à Podor servent de dépôt pour la vente de l'huile. Elles essaiment un peu partout. C'est aux heures creuses que les trafiquants déposent les produits frauduleux chez les détaillants sénégalais.

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