Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Auto-moto : les « 6 heures de Dakar » menacées ?

C. F. KeÏta

28 Novembre 2003


Seul circuit construit pour abriter des courses automobiles, le site de l'autoroute communément appelé "Circuit Colombani", risque de ne plus abriter de compétitions dans un proche avenir si rien n'est fait.

La raison ? Depuis quelques semaines, des travaux de terrassement sont entrepris du côté justement où la Fédération sénégalaise des sports auto et moto (FSAM) érigeait sa tribune officielle, lors de son épreuve phare, les "6 Heures de Dakar". Une situation qui risque à terme de perturber le bon déroulement de cette compétition très prisée par les amateurs de sports mécaniques. En effet, ce qui est visible à l'oeil nu aujourd'hui, c'est que la dune qui avait été créée de toutes pièces à l'époque pour mettre les tribunes en hauteur n'existe plus parce que simplement détruite. La seule alternative qui s'offre maintenant est de mettre des tribunes au ras du sol, à condition que les espaces ne soient pas utilisés à d'autres fins. Du côté de la fédération, on est conscient des problèmes qui peuvent découler de l'urbanisation de cette zone de l'autoroute. Mais pour le directeur des courses, et secrétaire général de la FSAM, André Mathieu, il est clair que la survie des courses automobile et de la Fédération des sports mécaniques au Sénégal, passe par la pérennisation des compétitions. « Si nous ne pouvons plus faire les "6 Heures de Dakar", c'est une nouvelle mort de la fédération et des sports mécaniques au Sénégal », a indiqué Dédé Mathieu. Les "6 Heures de Dakar" seraient-elles menacées à ce point ?

Pour Dédé Mathieu, si cette compétition se déroule en 2004 (la 25e édition) ce serait un miracle. « Je pense qu'aujourd'hui tout le monde devrait se mobiliser pour qu'on puisse au moins organiser l'édition de 2004. Mais si toutefois rien n'est fait et qu'on se contentait de regarder les choses évoluer, cela voudrait dire que les "6 Heures de Dakar" n'auraient pas lieu et si elles n'ont pas lieu en 2004 ça voudrait dire aussi qu'elles vont s'arrêter et les sports mécaniques disparaîtront au Sénégal comme ils ont disparu en 1982 et chacun prendra la responsabilité de ce qui s'est passé », souligne André Mathieu. Cependant, le directeur des courses pense que pour 2004, il y a des chances que la course s'y déroule. « Mais il est clair que pour 2005, nous ne nous faisons pas d'illusions et par conséquent nous lançons un appel aux pouvoirs publics afin qu'ils puissent très rapidement nous fixer un site sur lequel nous allons pouvoir aller nous-mêmes mettre en place un circuit pour faire nos courses ». En fait, le souhait d'André Mathieu, c'est qu'au fil des années, avec le développement des infrastructures, la fédération puisse avoir son propre site à multiples usages où elle pourrait faire de l'auto, du karting, de la moto etc.

Dans ce cadre d'ailleurs, Dédé Mathieu déplore les lenteurs dans le traitement du dossier pour la création d'un circuit de compétitions qui dort depuis une dizaine d'années dans les tiroirs des autorités. « Nous les avons approchées, nous leur avons expliqué le problème, nous avons dit que nous voudrions aller ailleurs que sur l'autoroute. Le problème se posait de plus en plus avec assiduité depuis cinq ans à cause des effets de la circulation. Il y a eu des réunions au niveau de la direction des transports, des dossiers ont été transmis au niveau du ministère de tutelle. Mais toujours rien ; peut-être que tout le monde n'a pas la même lecture de la question », selon cet amoureux fou des sports mécaniques. André Mathieu va plus loin dans ses explications sur les dangers qui guettent cette discipline, puisque, à son avis, des investigations ont été faites dans tous les sens. Près de Dakar et loin de Dakar. « Nous avons parlé de Sendou, du Technopole, des contreforts de Thiès ; et il y a quelques années nous avons même proposé d'aller à côté de l'aérodrome de Saly.

On nous a répondu que ça ferait du bruit pour les touristes. Tout cela pour dire que nous ne ménageons aucun effort pour chercher. Mais à chaque fois, on se heurte soit à l'incompréhension, soit à la non participation des responsables qui ne comprennent peut-être pas exactement ce que nous voulons. Aujourd'hui, nous sommes un peu fatigués de parler de ce que nous voudrions », déclare André Mathieu.

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